Des conférences sur le moyen-âge et autour de la période médiévale par les plus grands érudits et experts de ces questions (historiens médiévistes, romanistes, etc…)
Sujet : littérature anglaise, fantaisie, fantasy, œuvre, médiéval fantastique, podcast Période : XXe siècle, Moyen Âge fantaisie. Auteur : JRR Tolkien (1892 -1973) Titre :La magie Tolkien : voyage au pays des elfes et des hobbits Programme : l’invité(e) des Matins de France Culture, Guillaume Erner, (31 oct 2019)
Bonjour à tous,
l’occasion de l’Exposition de la BnF autour de l’oeuvre de J.R.R. Tolkien, de grands experts français de l’auteur nous font le plaisir de faire entendre leur voix sur le sujet. C’est le cas dans ce podcast de France Culture diffusé le 31 octobre dernier. On y fait un large tour de l’auteur du Seigneur des Anneaux et de ses productions. Entre réflexions sur la genèse de l’oeuvre et ses influences, on aura, également le grand plaisir d’y écouter des extraits d’interviews de Tolkien.
Un podcast autour de Tolkien avec Frédéric Manfrin & Vincent Ferré
Frédéric Manfrin : conservateur en chef à la Bibliothèque nationale de France et Vincent Ferré, universitaire et chercheur, attaché à l’université Paris Est-Créteil.
A propos de Vincent Ferré, ce dernier est un expert reconnu de JRR Tolkien. Il est notamment l’auteur de nombreux livres sur le sujet et on lui doit, également, de nombreuses réflexions autour du médiévalisme. Plus encore que la recherche des traces de Moyen Âge factuel chez Tolkien, il s’est, en effet, fortement intéressé à ce que Tolkien, mais aussi l’intérêt que suscite son œuvre, pouvaient nous apprendre sur notre propre modernité ; il a même soutenu une thèse sur le sujet que l’on peut trouver en ligne. Le podcast étant un peu coupé sur la fin, on n’entend pas toutes les références à ses écrits. Aussi, voici des liens utiles pour y suppléer.
Livres de Vincent Ferré sur l’œuvre de Tolkien
Vincent Ferré compte de nombreuses parutions et contributions au sujet de l’œuvre de Tolkien dont il s’est fait une grande spécialité. Nous n’allons pas tous les citer ici, mais voici une sélection de ses ouvrages les plus prisés.
A propos de l’exposition Tolkien de la BnF, il faut insister sur le faitque c’est un événement tout à fait unique à plus d’un titre. C’est, en effet, une des plus grandes exposition jamais réalisée en France mais, comme le rappellera aussi un des intervenants de ce podcast, c’est aussi la première fois que la BnF organise une exposition sur un auteur étranger pour lequel elle ne possède aucun manuscrit. Si vous êtes sur Paris, ne manquez pas cet événement d’exception.
En vous souhaitant une très belle journée.
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.
Sujet : histoire médiévale, historien, médiéviste, moyen-âge, définition, vidéo-conférence, nouvelle Histoire Période : moyen-âge Auteur : Jacques le Goff entouré de Jean-Claude Schmitt, Robert Philippe, Emmanuel Le Roy Ladurie, Pierre Nora. Titre :« Pour un autre moyen-âge : un entretien avec Jacques le Goff », conférence produite par Marc Ferro en 1992 (EHESS) (canal-U.tv)
Bonjour à tous,
ous avons souvent eu l’occasion de parler, ici, de l’historien médiéviste Jacques le Goff, en partageant notamment quelques extraits de ses entretiens ou même quelques-unes de ses citations. Avec son « autre moyen-âge », il a proposé de déplacer, et même d’étirer, les lignes chronologiques de cette période mais, dans la veine de l’Ecole des Annales et avec l’apport de sciences humaines connexes à l’Histoire, il s’est aussi évertué à restituer les formes vivantes du monde médiéval et ses mentalités.
« (…) Ce que je veux appeler notre moyen-âge c’est un moyen-âge très concret. Et ça je tiens à le dire par rapport au moyen-âge insipide que l’on présentait à ce moment là, j’ai vraiment eu l’envie de proposer un moyen-âge qui était fait de sang, de chair, autant que d’esprit, et en plus si possible, un moyen-âge qui ne serait pas ennuyeux. Le moyen-âge qu’on nous proposait était mortellement ennuyeux. L’Histoire est une chose passionnante et on doit passionner les gens à l’Histoire en leur montrant que ce n’est pas du tout un discours embêtant. Et j’ai éprouvé très vite le besoin d’aller chercher, en dehors de ce que l’on appelait les sciences auxiliaires de l’Histoire traditionnelle. » Jacques Le Goff– Citations – Extrait entretien EHESS – 1992
Dans cette conférence de 1992, il revenait sur son parcours intellectuel, ses influences, ses maîtres en Histoire, tout en donnant quelques clés sur sa vision si particulière du Moyen-âge et sur son approche méthodologique de la « Nouvelle Histoire ». Au passage, avec la présence autour de la table de Emmanuel Leroy Ladurie, il revenait également sur leur collaboration mutuelle autour de Mélusine dont nous avions déjà touché un mot ici (voir article à ce sujet).
Sujets abordés
– Le long Moyen-Âge (04:37) – De l’histoire à l’anthropologie historique (34:44) – Histoire nouvelle et nouvelle histoire (50:24) – De l’imaginaire au politique (1:11:12)
Si vous aviez quelques difficultés pour visualiser cette vidéo-conférence, nous vous conseillons de cliquer sur la roue dentée dans la barre de contrôle du Player et d’en réduire le débit. Cela n’affectera pas la qualité du son mais vous permettra d’en avoir une lecture bien plus fluide.
En vous souhaitant une belle journée.
Fred
Pour moyenagepassion.com A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes
Sujet : Musique ancienne, musique médiévale, viole de Gambe, maître de musique, autobiographie, artiste, conférence vidéo. viole de gambe. Période : Moyen-âge, renaissance, baroque Auteur : Jordi Savall Lieu : Fondation Juan March (2014)
Bonjour à tous,
u’est-ce qui fait un artiste ? Est-ce une capacité ou une volonté de dépasser ses propres inquiétudes et ses peurs, les siennes, mais aussi celles des autres ? Vais-je survivre ? Mangerais-je à ma faim ? Pour avoir la ténacité indispensable de pratiquer son art dans d’infinis efforts, jour après jour, durant des heures incomptables, sans garantie et sans contrepartie économique immédiate ou évidente, il lui faut aussi une flamme que seule la passion peut entretenir mais n’y a-t-il pas encore, au fond de cet être unique, la certitude obstinée qu’il n’y a pas d’autres voies, quels qu’en soient les sacrifices ? Habité par une sorte de nécessité impérieuse, l’artiste véritable semble quelquefois laissé sans d’autres choix que de poursuivre inlassablement sa quête, comme si c’était pour lui la seule façon possible de traverser la vie.
Sur ce long chemin qui mène à un aboutissement jamais atteint, mené par la soif intarissable de toujours explorer de nouveaux territoires en friche, il faut aussi une poignée de rencontres clefs et de visages amis croisés sur le chemin qui l’encouragent à poursuivre, ceux qui font un geste aux moments les plus inattendus ou qui, par leurs élans, lui délivrent autant de signes, comme une façon de lui murmurer à l’oreille : « Continues, tu es sur la bonne route ». Et parmi tous ceux-là, il y a bien sûr aussi les maîtres, ceux qui montrent la voie et qu’il faut savoir écouter. Sans une reconnaissance profonde à leur égard, sans l’humilité d’apprendre encore et toujours et sans une gratitude sincère pour ses pairs, un artiste pourrait bien finir par se perdre en chemin. A l’évidence, celui que nous avons le plaisir de vous présenter aujourd’hui ne s’y est pas perdu.
Jordi Savall et la saveur des fraises sauvages
n 2014, le maître de musique, directeur d’orchestre et virtuose de la viole de gambe Jordi Savall était reçu par la Fondation Juan March pour y donner une conférence au sujet de son autobiographie intellectuelle et de son itinéraire artistique. Le lieu était propice à plus d’un titre puisque l’institution mécène espagnole avait compté dans son parcours en lui offrant, au moyen d’une bourse et alors qu’il étudiait encore son art, la possibilité de pourvoir à ses besoins et de poursuivre son apprentissage.
Itinéraire artistique et biographie à tiroir
Comme on le verra, il n’est pas question ici de répertoire médiéval stricto sensu, même si la quête inlassable des musiques anciennes, jusque dans les manuscrits et les traités d’époque, est demeurée au cœur des préoccupations de toujours de Jordi Savall. En plus de cette fascination singulière pour l’histoire de la musique, de ses instruments et de ses techniques, il aura fallu à ce grand artiste, une infinie patience et une vie soutenue d’efforts pour débusquer, jouer et faire découvrir au public, des trésors de compositions médiévales,
renaissantes ou baroques issus du plus lointain patrimoine méditerranéen et même au delà, jusqu’aux rivages des mondes celtiques ou latino-américains. Une partie de ces musiques compte des partitions pour viole de gambe que personne, jusqu’à lui, ne s’était aventuré à travailler et sa contribution, sur ce seul instrument, demeure unique sur la scène musicale internationale.
Pour le reste, on aura plaisir à suivre dans cette conférence, les pas du grand musicien catalan, de son enfance jusqu’à ses projets les plus récents et les plus ambitieux, en passant par son passage à la Schola Cantarum Basiliensis ou par son travail demeuré célèbre sur la bande originale du film d’Alain Corneau Tous les Matins du Monde. Il nous emmènera également à la source de ses célèbres formations, Hespèrion XX, la Capella Reial de Catalunya, l’Orchestre des nations et on y croisera aussi de grands noms de la scène classique et baroque du XXe siècle.
Pour qui sait écouter, il y a encore, dans cette autobiographie empreinte d’humanité, des leçons à tiroir qui débordent largement le champ historique pour s’intéresser à l’humain, à l’art et encore à l’itinéraire de l’artiste (avec un grand A), et c’est une véritable joie pour nous de pouvoir la partager avec vous ici.
Qui est la Fondation Juan March ?
Pour la culture espagnole et l’Humanisme
réée en 1955, par le financier et homme politique Juan March Ordinas, cette fondation madrilène est une institution patrimoniale et familiale de grand renom en Espagne. Dès son origine, elle s’est donnée pour mission de promouvoir le fleuron de la culture ibérique avec l’objectif d’en faire bénéficier la communauté la plus large et toujours avec un parti-pris de qualité. Dans les premiers temps de son existence, elle a agi principalement à travers des bourses d’études concédées à ceux qui arpentaient les larges avenues de la Culture et de l’Art espagnols et les valorisaient. Un peu plus tard, elle a mis en place ses propres programmes culturels ; ces derniers qui s’inscrivent dans la durée et dans la gratuité ont vocation, pour reprendre les propres mots de la fondation « à diffuser et renforcer la confiance dans les principes de l’humanisme dans des temps tout à la fois d’incertitude et d’opportunités, augmentées par l’accélération du progrès technologique« .
Programmes et actions de la fondation
On y trouvera nombre d’expositions, de conférences et de concerts. La fondation héberge aussi, en son sein, une bibliothèque sur le thème de la musique, un théâtre et possède encore deux musées : le Musée d’Art Abstrait de Cuenca, et le Musée de la Fondation Juan March de Palma de Mallorque. On retrouve également cette institution aux sources de la recherche scientifique, notamment dans le domaine des Sciences Sociales, à travers l’Institut Carlos III Juan March de l’Université Carlos III de Madrid.
La programmation musicale forme un partie importante de ses actions puisqu’elle propose, chaque année, près de cent cinquante concerts. Entre musiques anciennes, opéras, et genres variés, l’approche demeure toujours didactique et orientée sur la découverte et la sensibilisation. Quant aux conférences, elles balayent le large champ de la littérature et de la poésie, celui du théâtre et du cinéma, et vont encore jusqu’à la philosophie, en débordant les frontières de l’Espagne territoriale pour s’étendre jusqu’à l’Amérique latine. A noter que sur son site web, la Fondation rediffuse gracieusement toutes ses productions par l’intermédiaire de sa propre web Tv : Canal March
Note sur la traduction et la version française
Nous avions mis, depuis longtemps déjà, dans notre « bucket list » la traduction de cette véritable pépite, postée, il y a quelque temps, sur Youtube par la Fondation Juan March elle-même. On peut trouver en ligne nombre de vidéos et d’entrevues de Jordi Savall (qui s’exprime, par ailleurs, dans un français parfait), mais cette autobiographie demeure unique et très particulière, aussi nous espérons que vous aurez autant de plaisir à l’écouter que nous en avons eu à l’adapter en français. Puissiez-vous y goûter, comme le fait le maître de musique, à la saveur incomparable des fraises sauvages.
Avant d’en terminer, il nous faut souligner, une nouvelle fois, l’importance du mécénat ou des aides institutionnelles dans le domaine de la Culture. Il est merveilleux de penser qu’en faisant le geste, il y a près de 50 ans, d’aider un jeune étudiant têtu et passionné à poursuivre ses rêves les plus chers, une fondation a contribué à faire naître l’un des plus grands artistes sur la scène internationale des musiques anciennes.
En vous souhaitant une très belle journée
Frédéric F
A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes
Sujet : chansons, poésie médiévale, amour courtois, poésie lyrique, trouvère, vieux français, fine amor, lyrique courtoise. Période : moyen-âge central Auteur : Thibaut IV de Champagne (1201-1253), Thibaut 1er de Navarre Programme : »Une vie, une Oeuvre, la chanson du Mal aimé » Intervenants : Jean Dufournet, Claude Mettra, France Culture (1989)
Bonjour à tous,
n 1989, Claude Mettra recevait sur France Culture, le médiéviste et romaniste Jean Dufournet dans le cadre de l’émission « Une vie, une oeuvre » dédiée tout entière à Thibaut IV de Champagne, roi de Navarre et grand poète courtois du XIIIe siècle.
« De touz maus n’est nus plesanz Fors seulement cil d’amer, Mès cil est douz et poignanz Et deliteus a penser Et tant set biau conforter, Et de granz biens i a tanz Que nus ne s’en doit oster. » Thibaut de Champagne, Chanson
Nous avons déjà souligné, à plusieurs reprises, l’importance de la cour de Champagne, de son rayonnement culturel dans le courant du Moyen-âge central, en particulier des XIIe, XIIIe siècles. Son influence s’étendra au nord jusqu’à la Flandre et même l’Allemagne. Dans les pérégrinations des intervenants du jour, on croisera, au nombre des personnages ayant compté dans ces échanges culturels entre différentes provinces de la France médiévale, Aliénor d’Aquitaine, mais aussi plus près de la Champagne, l’incontournable Gace Brûlé, aîné de Thibaut d’une génération et qui l’aura, à coup sûr, influencé, même s’il est difficile d’établir qu’ils se soient physiquement croisés.
Dans la lignée de ses pairs, le comte et roi-poète poursuivra ainsi, à son tour, la promotion et l’élévation de la fine amor et de ses codes courtois en langue d’Oïl, pour la situer dans une quête d’absolu, qualifiée même de « religion » par Jean Dufournet.
Une invitation au décryptage de la fine amor
en compagnie d’un grand médiéviste
On fera ici, un large et salutaire détour pour aborder, avec l’historien, les arcanes de l’amour courtois, ses principes, ses ressorts mais aussi le positionnement social presque « subversif » de ses valeurs au sein du moyen-âge chrétien féodal.
« Ce qui est paradoxal c’est que d’une part, la courtoisie développe la sociabilité, les rapports entre les gens, mais d’autre part, l’amour courtois tend à s’opposer, et au christianisme puisqu’il ne s’agit pas d’amour conjugal et au système féodal puisque, souvent, le poète ou le vassal est amoureux, ou prétend être amoureux, de la dame de son seigneur. Dans la mesure où la femme tend à vivre dans un univers particulier, éloignée de l’humanité quotidienne, les choses s’atténuent, mais il reste que les gens du moyen-âge ont bien senti cette difficulté et qu’en 1277, parmi les condamnations de l’évêque de Paris, Tempier, (Etienne Tempier 1210 -1279) il y avait la condamnation de la courtoisie et de l’art d’aimer d’André le Chapelain qui avait mis en forme tous les principes de cette courtoisie. » Jean Dufournet. Extrait d’un entretien avec Claude Mettra. Une vie, une oeuvre,Thibaut de Champagne. France Culture (1989).
« La joie et la douleur, la folie et la sagesse, la crainte et l’espérance sont étroitement liées. Il n’est pas de douleur, sans joie, ni de joie sans douleur. c’est à dire qu’il faut passer par la douleur de la séparation, de l’absence, des épreuves pour atteindre à cette joie supérieure. Il y a tout un long apprentissage, une sorte d’ascèse à la fois poétique et religieuse pour parvenir à cet état et il faut abandonner les chemins réguliers de la raison, de la connaissance rationnelle, tomber dans une sorte de folie. La pire folie pour les gens du moyen-âge c’est de ne pas aimer, et l’attitude la plus raisonnable c’est d’aimer à la folie. » Jean Dufournet. (op cité, France Culture, 1989).
Un peu plus loin, le médiéviste rapprochera la quête du fine amant, de celles des aventures chevaleresques et des croisades ou même encore des pèlerinages pour en faire une quête qui garde en commun avec toutes les autres, la recherche constante d’une perfection, d’un dépouillement, d’une purification, vouée peut-être à ne jamais véritablement aboutir. Ainsi et selon lui, le Roman de la Rose ou le Perceval et l’oeuvre de Chrétien de Troyes, entre autres exemples, ne seraient peut-être pas demeurées inachevés par hasard.
Enfin, dans ce tour d’horizon de la lyrique courtoise et de son influence, on évoquera, au passage, le culte marial venu se greffer sur ses codes pour faire de la Vierge Marie, à la fois la dame idéale et la médiatrice privilégiée et miséricordieuse, passeuse d’âmes vers le monde d’après.
Claude Mettra, Jean Dufournet, France Culture (1989)
Pour conclure, on trouvera dans cette rediffusion un lot de beaux extraits et d’heureuses lectures dans le vieux-français original du Comte de Champagne et Roi poète de Navarre et il faut rendre hommage à la grande qualité des questions de Claude Mettra, autant qu’aux comédiens qui l’entourent pour avoir su faire de ce programme un véritable moment d’exception.
En vous souhaitant une belle journée.
Fred
Pour moyenagepassion.com A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.