Sujet : humour, Kaamelott, Alexandre Astier, trilogie, cinéma, actualité, série télévisée, série culte. Période : moyen-âge central et haut moyen-âge Auteuroriginal:Alexandre Astier Distribution : CALT production, M6 Média : détournement
Bonjour à tous,
llez ! Nous postons aujourd’hui une petite création graphique supplémentaire autour de la série télévisée Kaamelott pour détendre les fans et les faire patienter en attendant la trilogie au cinéma.
Que le bon roi Arthur (Alexandre Astier) nous pardonne s’il tombe dessus par hasard et, pour le paraphraser, qu’il n’y voit aucune malice, mais avec le temps qui passe, la tentation était trop grande pour y résister. J’en profite d’ailleurs pour faire passer cette ânerie graphique maintenant parce qu’à mon avis, justement, le premier opus ne va vraiment pas tarder et il n’y aura pas besoin d’attendre 30 ans comme cet image le suggère; quelques signes donnés sur twitter par l’auteur lui-même, il y a encore à peine deux mois, l’indiquent.
u passage pour les utilisateurs ou aficionados de Facebook, vous pouvez retrouver toutes nos créations graphiques originales et des informations sur la série Kaamelott et l’actualité de ses acteurs ici: Page Facebook « autour de Kaamelott ».
Pour ceux qui aiment aussi échanger dans le cadre de groupes FB, n’hésitez pas à rejoindre le groupe Kaamelott au Cinéma. Avec plus de 60 000 personnes inscrites, c’est sans doute, à ce jour, un des groupes les plus actifs autour de la célèbre série télévisée d’Alexandre Astier.
Une fois dit tout cela, et de vous à moi, l’idée de deux anciens de plus de 80 printemps qui s’amuseraient à rejouer à leur manière des scènes de Kaamelott m’enchanterait totalement.
Une belle journée à tous.
Fred A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.
Sujet : portrait, acteur, kaamelott, Astérix et Obélix, roi burgonde. 3D, cinéma, film d’animation. Période : Gallo-romaine Auteur : Albert Uderzo et René Goscinny Réalisateur : Alexandre Astier Acteur : Guillaume Briat
Bonjour à tous,
lors que se prépare le tournage d’un nouvel Astérix et Obélix, dont la réalisation échoira, pour la seconde fois et pour notre plus grand plaisir, à Alexandre Astier, nous en profitons pour vous toucher un mot des aventures prochaines de nos héros gaulois, mais également pour faire ici un tribut à l’acteur Guillaume Briat qui prêtera sa voix, une fois de plus, à Obélix, dans ce nouveau opus et qui jouait également dans la série télévisée Kaamelott.
Des légendes arthuriennes revues et corrigées à la manière d’Alexandre Astier à la Gaule d’une Pax romana pas tout à fait acquise, nous sortons donc aujourd’hui, à demi, de notre belle ornière médiévale habituelle. Nous disons à demi car chaque fois qu’il est question de Kaamelott, il est forcément question de médiévalisme, soit de référence au monde médiéval dans des siècles qui lui sont postérieurs et finalement de Moyen-âge « reconstruit » et c’est, vous le savez un des propos de ce site, que de s’intéresser aussi à cela.
Et pour ce qui est d’Astérix et Obélix, que celui qui n’a jamais musardé hors des sentiers battus me jette la première pierre. Une enfance passée, en partie, à courir après les sangliers, dans les vertes forêts imaginaires, autour de l’ultime village gaulois résistant encore à l’envahisseur romain, y est sûrement pour quelque chose et peut-être que certains d’entre vous partagerons avec nous le souvenir de quelques premiers « émois » historiques suscités alors par les deux légendaires héros d’Albert Uderzo et René Goscinny. Certes, cette gaule romaine n’était pas toujours historiquement réaliste, elle n’en avait d’ailleurs pas la totale ambition, mais à travers l’extraordinaire divertissement que ses pages colorées faisaient naître, elle a, j’en suis sûr, éveillé à sa manière, quelques vocations précoces, et à tout le moins, chez certains, une curiosité enjouée pour l’Histoire de ces périodes reculées.
Un nouvel Asterix et Obélix
sous l’heureuse férule d’Alexandre Astier
près un premier opus très réussi , Astérix Le domaine des Dieux, Alexandre Astier se voit donc confier la direction d’un nouvel épisode des aventures des deux gaulois préférés des français. Cette fois ci, du côté de la réalisation et de l’écriture, l’auteur de Kaamelott a décidé de s’attaquer à un scénario original inspiré, en partie, de deux albums différents: la serpe d’or et le tour de Gaule. Et comme on ne change pas une équipe qui gagne, la direction et la réalisation des animations 3D seront encore signées de la main du très talentueux Louis Clichy, sorti diplômé, il y a quelques 10 ans déjà de la très célèbre école parisienne des Gobelins.
Le Domaine des Dieux : rétrospective
Accueilli favorablement par le public et la presse, Astérix le domaine des Dieux, tant au niveau de ses personnages que de sa réalisation renouait au plus près de l’oeuvre d’Albert Uderzo et René Goscinny. Retour aux sources « salutaire » pour les puristes ? Il faut dire que les dernières super-productions cinématographiques européennes autour de l’oeuvre s’étaient parfois éloignées des origines de cette dernière. Le débat de la portabilité de la bande dessinée à l’écran avec des acteurs incarnés est sans cesse remis sur la table et nous le laisserons de côté ici; il y a eu aussi, dans les adaptations au cinéma quelques belles perles et d’heureuses trouvailles, mais au delà, c’est un exercice toujours difficile que de mettre sa plume au service d’une oeuvre en y apportant sa touche, tout en sachant s’effacer suffisamment pour lui laisser du champ. Or, ce fragile équilibre et cette légèreté de plume ont indéniablement été atteints par Alexandre Astierà l’occasion de ce Domaine des Dieux.
Quoiqu’une certaine presse ait pu, par ailleurs, en dire, qui attendait peut-être justement que le réalisateur éclipse plus résolument l’oeuvre et prenne avec elle plus de libertés, pour nous en faire, pourquoi pas, une sorte de nouveau Kaamelott sauce gauloise, l’auteur-réalisateur n’y a pas cédé, sans doute plus par humilité et respect pour l’oeuvre originale, que par timidité.
Difficile de savoir, s’il s’en tiendra à la même ligne pour ces nouvelles aventures mais nous pouvons le supposer. Ses choix précédents, lui ont, en effet, donné raison, puisque finalement, Anne Goscinny comme AlbertUderzo ont salué ce premier film d’animation avec enthousiasme, au point même de décider de lui en confier un second.Direction de qualité, justesse de ton, choix graphiques judicieux, réussite des animations et pour tout dire fidélité dans la restitution, Albert Uderzoparlera même de « réalisation extraordinaire », de « merveille » et de « talent fou » et considérera encore cette adaptation de son oeuvre à l’écran, comme la meilleure de toutes jusque lors!
Pour ce qui est des chiffres, le film d’animation s’était placé à la treizième place du box office français avec près de 3 millions d’entrée et il s’est tenu dans le Top 10 des films français les mieux exportés pour l’année 2015.
Guillaume Briat,
des légendes arthuriennes à Obélix
our la deuxième fois consécutive, Guillaume Briattiendra donc, dans ce nouvel opus, la voix de notre Obélix national. Il l’avait déjà incarné dans Astérix le domaine des Dieux.
Pour ceux qui s’en souviennent, dans la série Kaamelott Guillaume incarnait et incarne virtuellement toujours puiqu’elle n’est pas achevée, l’incroyable roi burgonde, barbare rabelaisien et pantagruélique, amateur de ripailles et de poésie mais qui, il faut bien le dire, n’arrive pas à aligner deux mots cohérents d’affilée. Lui et ses armées, passent leur temps à venir assiéger le château de Kaamelott et le Roi Arthur doit se mettre en quatre pour éviter le pire. En général, il s’en tire à grands renforts de victuailles et de pirouettes hasardeuses, vu qu’il semble à peu près impossible de communiquer avec le Burgonde, même en présence d’un interprète; le problème n’est, à l’évidence, pas que langagier.
« Les oiseaux sifflent, le printemps siffle. » Guillaume Briat, roi des burgondes, Kaamelott, Alexandre Astier, M6, Calt Production
Un burgonde chez les bretons de Logres
La rencontre entre le mythique roi breton et le représentant burgonde est là encore une pure création d’Alexandre Astier, puisque, sauf erreur et jusqu’à lui, on n’en trouvait la trace dans aucune légende arthurienne. De fait, dans le premier tiers du VIe siècle, le royaume des burgondes a déjà fort à faire avec ses propres problèmes et notamment avec les francs qui le convoitent. Les ancêtres des bourguignons ne s’aventureront donc pas jusqu’aux côtes de l’île de Bretagne, mais sans cet anachronisme aussi drôle que savoureux, nous n’aurions pu entrevoir le visage de ce chef de guerre barbare épique, incarné par Guillaume Briat .
Parcours et itinéraire d’un bel acteur français
S’il faut saluer sa performance dans ce rôle kaamelottien dans lequel il s’est donné à fond, en prêtant vie à cet incroyable personnage, la carrière et le travail d’acteur de Guillaume sont pourtant loin de se résumer à cela. L’acteur parisien tourne, en effet, depuis 1989.
Il a aujourd’hui, à son actif, des rôles dans plus de 25 longs métrages, plus d’une dizaine de productions télévisuelles et encore de nombreux moyens et courts métrages, De 86 à 99, il est aussi monté sur les planches, à l’occasion de pièces de théâtre variées. Au fil de sa carrière, ses performances et son interprétation à l’écran ont été saluées et primées à plusieurs reprises. Ce roi burgonde de Kaamelott qui a tant marqué les esprits par sa force comique et sa justesse, n’est donc qu’un aspect de la palette que l’acteur peut livrer face à la caméra. Si vous voulez vous en faire une idée juste, ne manquez pas cette vidéo :
Sujet : Cinéma, Perceval le Gallois, 7eme Art, littérature, poésie médiévale, reconstruire le moyen-âge, légendes arthuriennes, roman arthurien, conte du Graal. Période : moyen-âge central Auteur : Eric Rohmer, Chrétien de Troyes Société de distribution : les films du Losange
La société produisit, bien sûr, ce Perceval qui demeure, à travers le temps, un chef d’oeuvre pour qui sait s’ouvrir à l’étonnement et se libérer des codes attendus. Nous l’avions déjà évoqué, ce film est un voyage au plus près du Conte du Graalde Chrétien de Troyes, autant qu’une plongée artistique dans un moyen-âge visuel et allégorique et sa qualité vaut que nous en disions ici un mot de plus.
« Il n’y a pas un plan de Perceval qui ne soit le fruit d’une mûre réflexion, d’un parti pris esthétique, d’une connaissance profonde de l’œuvre originale. Joignant l’érudition de l’historien au raffinement du miniaturiste, Rohmer nous propose le plus merveilleux des voyages dans le temps. » Jean de Baroncelli, Le Monde, 13 octobre 1978
Comment reconstruire le moyen-âge des légendes et approcher l’oeuvre littéraire de Chrétien de Troyes au moyen du cinéma ? Avec Perceval le Gallois, Eric Rohmer en faisait une démonstration magistrale en donnant, plus qu’une simple réponse, une vision profonde qui interrogeait autant la restitution de l’oeuvre du célèbre auteur médiéval que la manière de faire du cinéma : le 7eme Art au service de la littérature médiévale, donc mais au delà, l’art cinématographique comme medium de reconstruction et support de l’évocation d’un monde dans lequel il va puiser les codes et les clefs, en réinventant au passage les siens.
De fait, il faut se tenir devant cette oeuvre d’Eric Rohmer sans a priori, comme l’on se tient face à un tableau de maître, pour le recevoir dans sa totalité et rechercher, à travers le pinceau de l’artiste et la fresque qu’il nous propose, les arcanes de l’allégorie: celles d’un moyen-âge reconstruit à travers l’approche compréhensive de ses codes intrinsèques.
Et ce n’est pas par hasard si près de quarante ans après sa sortie dans les salles, on redécouvre aujourd’hui encore ce Perceval dans toute sa profondeur. Plus que de fournir des arguments intellectuels à la glose, à laquelle nous nous prêtons ici de bonne grâce, il est encore et peut-être d’abord une émotion que l’on démêle patiemment après l’avoir reçue.
Les films du Losange
Alors, oser le 7eme Art comme une recherche artistique insatiable capable de remettre en jeu ses propres codes pour les réinventer ? C’est un défi que les films du Losange continuent à travers le temps de vouloir relever, en explorant cette question dans toutes ses dimensions et en donnant leur chance à des réalisateurs qui interrogent aussi le cinéma en tant qu’Art, c’est à dire, comme une « discipline » qui échappe aux ornières et ne cède jamais aux recettes faciles, une aventure buissonnière à la recherche de sens et de nouvelles formes d’expression.
Pour conclure et puisqu’il est question ici de mention spéciale, il faut découvrir ou revoir le Perceval d’Eric Rohmer mais il faut aussi à travers ce film, saluer la société qui a rendu cela possible. Depuis plus d’un demi-siècle, avec plus de 80 films à son actif, les films du Losange poursuivent sans relâche leur quête d’un cinéma différent. Voici l’adresse de leur site web à visiter sans modération.
En vous souhaitant une merveilleuse journée.
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.
Sujet : légendes arthuriennes, littérature médiévale, Période : moyen-âge central, XIIe Auteur : Chrétien de Troyes (1135-1185) Titre : le conte de Graal ou Perceval le Gallois Média : documentaire et trailer Réalisateur : Eric Rohmer
Bonjour à tous,
n 1964, bien avant la sortie de son film Perceval le Gallois, le cinéaste Eric Rohmer connaissait déjà bien son sujet. Il en faisait la démonstration en réalisant un documentaire de vingt minutes sur le roman de Chrétien de Troyes pour le compte de l’institut Pédagogique National et dans le cadre de la série « En profil dans le texte ».
Pour ceux qui ne connaissent pas du tout le Perceval de Chrétien de Troyes et qui souhaiteraient en avoir une première approche, voila donc une excellente introduction. Peut-être vous donnera-t’elle l’envie d’aller au plus près d’un des textes fondateurs des légendes arthuriennes à la française. Comme nous l’expliquait Richard Trachsler dans une conférence sur le roman arthurien donnée à la grande Ecole des chartes, Chrétien de Troyes semble bien avoir été, et de loin, l’un des auteurs les plus populaires du corpus arthurien durant la période médiévale. De fait, on peut difficilement s’intéresser aux légendes arthuriennes en en faisant l’économie.
Ce documentaire d’Eric Rohmer a, en quelque sorte, une double valeur historique. La première renvoie, bien sûr, au moyen-âge central et aux prémices du roman arthurien à la française: les vers de Chrétien de Troyes feront date et marqueront à jamais le cycle de la légende du Graal. Pour ce qui est de la deuxième valeur historique de ce programme, elle concerne le septième art et nous témoigne de l’intérêt de longue date d’Eric Rohmer pour l’oeuvre de Chrétien de Troyes avant de la porter sur grand écran.
(Gravure supposée de Chrétien de Troyes, anonyme, XVIe siècle BnF)
Illustré par de nombreuses enluminures d’époque et quelques beaux extraits de l’oeuvre originale, nous suivons ici, pas à pas, le Perceval de Chrétien de Troyes. C’est le plus ingénu des chevaliers d’Arthur, mais aussi celui qui sera le plus proche d’atteindre le but ultime de la quête : le Saint Graal. On regrette presque que le programme n’ait pu être réalisé en couleurs pour apprécier à plein les enluminures, mais hormis cela, sa valeur pédagogique n’a pas pris une ride au moment d’approcher ce très célèbre conte du moyen-âge central.
Le Conte du Graal
« Et lui, qui ne savait son nom, le devine et répond qu’il s’appelait Perceval le Gallois. Il ne sait s’il dit vrai ou non, mais il disait vrai, bien qu’il n’en sût rien. » Chrétien de Troyes – Perceval le Gallois ou Le Conte de Graal
Ceux qui connaissent le Kaamelottd’Alexandre Astier ne pourront s’empêcher de sourire à la lecture de la citation en prose ci-dessus (« Provençal le Gaulois ! même pas foutu de connaître son nom). Il faut dire que le Perceval de Chrétien de Troyes semble personnifier l’ingénuité et la spontanéité qui l’accompagne. On se souviendra notamment de la première apparition de ce personnage dans le roman médiéval et de sa rencontre avec les chevaliers qu’il prend pour des anges et qu’il harangue de ses questions, au risque d’émousser la patience de certains d’entre eux, par son ignorance.
Le Conte du Graal Perceval, Chrétien de Troyes Manuscrit ancien, 12577 Bnf (1330)
Avec le roman de Perceval le Gallois, Chrétien de Troyesnous contera donc le voyage initiatique de ce jeune « valet » d’abord tenu loin du monde et qui sera finalement rattrapé par sa destinée, à la grande tristesse de sa mère qui avait tout fait pour le préserver de l’univers de la chevalerie, de crainte qu’il n’en périsse comme ses frères et son père avant lui. Finalement adoubé, Perceval se signalera par ses faits, mais il passera pourtant à côté des épreuves les plus importantes qui lui seront soumises sans les relever, même si ce sera pour mieux en tirer les leçons.
Le paradoxe d’une innocence nécessaire et nécessairement perdue
Cette parabole d’un Perceval, « récipient » vide ou récipiendaire » qui fait de son mieux pour s’emplir des valeurs de la chevalerie, les suivant même trop littéralement, pour finir par comprendre qu’il aurait dû savoir s’en affranchir et dépasser sa timidité pour rejoindre sa véritable destinée est à l’image même de la difficulté de la quête du Graal. L’erreur et l’errance sont nécessaires dans ce parcours qui conduit au dépassement de soi véritable et à la renaissance dans les valeurs chrétiennes qui deviennent ici, et plus que jamais, indissociables de celles de la chevalerie.
Paradoxalement, cette innocence qui semble presque être une des raisons, sinon une des conditions nécessaires pouvant expliquer le succès de Perceval, est à jamais perdue mais peut-être n’a-t-elle pas été sacrifiée en vain ? La leçon sera lourde pourtant qui résonnera comme une sentence imparable et une malédiction pour n’avoir pas poser les bonnes questions qui auraient pu sauver le roi et le royaume, autant que pour avoir laissé mourir sa mère. A peine nommé « Perceval le Gallois » le voilà déjà rebaptisé « Perceval l’infortuné ».
Le Conte du Graal Perceval, Chrétien de Troyes Manuscrit ancien, 12577 Bnf (1330)
« Perceval l’infortuné. Ah ! malheureux Perceval, comme il t’est mésavenu de n’avoir pas posé ces questions. (sur le Graal et sur la lance) C’eût été un tel bienfait pour le bon roi infirme qu’il eût retrouvé l’usage de ses jambes et eût été désormais capable de gouverner sa terre. Et quel service rendu à tous les autres ! Mais maintenant sache qu’il. en coûtera cher à autrui et à toi. Et c’est ton péché qui en est la cause, car tu as fait mourir ta mère de douleur. » Chrétien de Troyes – Perceval le Gallois ou Le Conte de Graal
Au final, le héros devra parvenir à trouver son propre chemin et sa propre vérité dans une allégorie du dépassement de soi qui passera par la transcendance. La quête du chevalier ne peut se faire sans Dieu. Dernier roman de Chrétien de Troyes, le conte de Graal restera inachevé et sans doute l’auteur médiéval a-t-il laissé ainsi involontairement ouvert le mystère de Perceval et de sa destinée, autant que celui du Graal, pour de longs siècles après lui. Le plus pur et le plus innocent des chevaliers de la table ronde était-il à jamais destiné à faillir ? Certains auteurs ont écrit leur propre suite, en le faisant triompher et en lui faisant trouver et, cette fois, saisir le Graal. Chrétien de Troyes n’en a pas eu le temps. L’aurait-il fait du reste?
Le Perceval d’Eric Rohmer sur grand écran
Il faudra pas moins de quatorze ans pour que la fascination d’Eric Rohmer pour l’oeuvre de Chrétien de Troyes et pour le personnage de Perceval le Gallois qu’il exprimait déjà dans ce documentaire, prenne forme sur grand écran.
Loin des tendances visuelles du cinéma d’alors, le réalisateur décidera de coller à l’approche graphique médiévale pour les décors de son film, utilisant des codes ambitieux qui ne seront pas décryptés par tous avec la même facilité. Les châteaux plus petits que les personnages, les décors plus théâtraux que cinématographiques, Eric Rohmerentendra situer son oeuvre dans un espace visuel reconstruit en référence aux miniatures médiévales, en prenant les codes du cinéma à contre-pied.
Nous partageons ici le trailer donné à l’époque pour présenter le film. On y reconnaîtra outre Fabrice Luchini qui décrochait là un premier rôle de taille, la présence de Arielle Dombasle en Blanchefleur et celle de André Dussollier en Gauvain.
Le choix de coller au plus près de l’oeuvre écrite avec des jeux d’acteurs qui, là aussi, s’inscriront dans un espace pas tout à fait vraiment théâtral mais pas sans doute pas non cinématographique, ne destinera pas le film au plus grand nombre, ni aux amateurs de format « standard ». Il recevra tout de même de nombreux éloges et trouvera ses détracteurs et son public. Le film obtiendra d’ailleurs le prix Méliès en 1979 et 2 nominations aux César en 1980 et il est indéniable que Eric Rohmer signera là une oeuvre totalement originale et au plus près du texte de Chrétien de Troyes et de son roman arthurien médiéval.
En vous souhaitant une très belle journée.
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes