Sujet : médecine, citations médiévales, école de Salerne, Europe médiévale, moyen-âge, manuscrit ancien, saignée. calendrier Période: moyen-âge central (XIe, XIIe siècles) Titre: l’Ecole de Salerne (traduction de 1880) Auteur : collectif d’auteurs anonymes Traducteur : Charles Meaux Saint-Marc
la faveur du nouvel extrait du Flos Medicinae sur le régime au mois le mois de l’Ecole médicinale de Salerne que nous vous présentions dans l’article précédent, nous vous proposons un peu de variations graphiques autour de ce « calendrier ».
Même si les documents que l’on utilise au moyen-âge sont loin d’être tous de beaux manuscrits reliés ou même des codex, ornés de somptueuses lettrines et d’enluminures, cet art y demeure omniprésent et le monde médiéval nous a légué en témoignage de nombreuses et précieuses illustrations. Pour ceux qui auront noté les efforts que nous développons sur la partie graphique du site pour agrémenter nos articles, c’est, bien sûr, un peu de cette idée et de cette ambiance visuelle que nous tentons de recréer, pour rendre la lecture plus agréable et plus immersive de la période aussi.
Ce « calendrier » visuel du régime au mois le mois nous donne encore l’occasion de célébrer la rubrique « Médecine médiévale » que, vous l’aurez peut-être remarqué, nous venons d’ajouter comme une rubrique à part entière dans le menu catégoriel de gauche. Au fil du temps, nous y ajouterons tous les articles concernant ce sujet et sans doute même (nous y travaillons) un « herbier » médiéval.
En vous souhaitant une très belle journée !
Fred
Pour moyenagepassion.com A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.
Sujet : Kaamelott, légendes arthuriennes, roi Arthur, pécores, Hervé de Rinel, Léodagan, Perceval, bête du Gévaudan, humour, audio, inédit, comédie, hommage. Période : moyen-âge central, haut moyen-âge pour la légende. Auteur : Votre serviteur à la manière de l’auteurAlexandre Astier
Série télévisée culte, M6, Calt Production Média : épisodes audio, chaîne youtube.
Bonjour à tous,
our se détendre ce week end, nous vous proposons un nouvel épisode « maison » (voix et script) de la série télévisée culte des légendes arthuriennes à la française : Kaamelott. Il s’agit ici de la suite de la bête du Gévaudan dont nous avions publié le premier épisode, il y a quelque temps déjà (Visionnez le premier épisode ici).
Cette fois-ci, nous retrouvons nos preux chevaliers autour d’Arthur et à la table ronde. Parviendront-ils à élucider le mystère de l’étrange animal qui rode dans les campagnes environnantes et autour des fermes des pécores ?
Dans les intervenants, il y a ici le Roi Arthur (Alexandre Astier), Léodagan (Lionnel Astier), Perceval(Franck Pitiot) et surtout le grand Hervé de Rinel dont on peut déplorer les trop rares interventions dans la Série télévisée, tant il brille par son impressionnante nullité. Incarné à l’écran par Tony Saba, il faut vraiment faire ici une mention particulière à cet acteur pour la touche hilarante qu’il a su donner à ce personnage rêveur et totalement décalé. Il n’a, en effet, que quelques rares répliques dans toutes les saisons et pourtant, il n’est guère de fans ou d’aficionados de Kaamelott qui ne les connaissent par coeur. Ajoutons que le personnage de Hervé de Rinel est un ajout d’Alexandre Astier au corpus des légendes arthuriennes. Avant lui, ce chevalier n’y figurait pas.
Pour revenir sur l’épisode du jour, on y retrouvera encore les deux paysans, alias « les pécores » Guethenoc (Serge Papagalli) et Roparzh (Gilles Graveleau) pour une brève apparition. Précisons, comme c’est de rigueur, que ce petit exercice de style et d’écriture est en hommage à la série d’Alexandre Astier. C’est d’abord une façon de prolonger la compagnie des personnages créés par lui, en attendant le premier opus du film Kaamelott au Cinéma, et en espérant que le plaisir soit partagé.
Pour le reste, l’oeuvre demeure bien évidemment l’entière propriété de son brillant auteur et vous pouvez trouver les six livres vidéos qui la compose dans toute bonne boutique de DVDs ou même à l’achat en ligne.
Kaamelott, épisode audio inédit
en hommage à la série d’Alexandre Astier
La bête du Gévaudan 2: le script
Une réunion se finit à la table ronde.
Arthur: Bon, on a fait le tour, donc on se revoit plus tard dans la semaine. Ah, non, mais attendez, maintenant que j’y pense. Il y a un truc dont j’voulais vous parler. Apparemment du côté des pécores y aurait un genre de bête bizarre qui tournent autour de leurs baraques et d’leur vaches. Ça vous dit rien?
(réponses diffuses) Non Non Non
Léodagan : Non moi non plus mais y a eu des dégâts?
Arthur : Pour l’instant non, mais bon vu la description qu’ils en font, ça pourrait bien finir par arriver.
Hervé de Rinel : Heu j’peux prendre la parole?
Arthur : Heu oui allez y Hervé. Juste une chose. Vous êtes bien certain que ça va avoir un rapport avec le sujet?
Hervé de Rinel : Heu Normalement oui. Enfin j’crois…
Arthur : Bon bin allez y. (je me méfie quand même un peu, je ne vous le cache pas)
Hervé de Rinel : Non mais j’y suis tout le temps là bas, moi, je n’ai rien d’vu bizarre.
Arthur : Comment ça vous y êtes tout le temps. qu’est ce que vous fichez la bas? Vous avez rien de mieux à foutre?
Hervé de Rinel : Bin c’est rapport à ce qu’on s’était dit sur l’espionnage.
Arthur : De quoi? Non mais ça s’était y a 6 mois au moins ça. Ça fait longtemps que c’est plié.
Hervé de Rinel : Ah ça chais pas, à moi personne m’a rien dit. A moins que je me souvienne pas.
Générique
Arthur : NON MAIS C’EST PAS VRAI! CA NE FAIT PAS SIX MOIS QUE VOUS TRAÎNEZ VOTRE CUL DANS LES CAMPAGNES A ESPIONNER LES PÉCORES, SI?
Léodagan : Sans compter qu’s’ils le voient ça va encore nous les mettre de travers les bouseux.
Hervé de Rinel : Non mais ça, ça craint rien par contre.
Arthur : Comment ça ça craint rien? Avec le boucan que vous devez faire avec votre armure, vous risquez pas de passer inaperçu..
Hervé de Rinel : Non mais c’est impossible qu’ils me repèrent, j’y vais camouflé en fait.
Arthur : Camouflé, mais comment ça?
Hervé de Rinel : Je me déguise en renard.
Arthur : En quoi? Vous???? En renard?
Léodagan : Dites voir Vous en avez déjà vu beaucoup des renards vous ? Non parce que niveau gabarit, vous êtes largement plus proche du blaireau…
Hervé de Rinel : Bin ouais c’est bien le truc un peu rouge avec des cornes et qui poussent des cris? C’est pas ça? Bon, c’est ma femme qui m’a fait le costume, . elle s’y connait mieux que moi en animaux. Bin j’l’ai là, justement, j’en viens.
Arthur : Faites voir. Mais qu’est-ce que c’est que cette M….? C’est pas une peau de renard, ça, En plus, la vache qu’est que ça pue ce truc! Non mais c’est un genre de peau de bouc avec une queue de renard cousu au niveau du fion. Regardez-moi ça, c’est limite monstrueux!
Perceval : Ah mais c’est pour ça, ça fait des mois que ça pue pendant les réunions. J’ai rien dit je pensais que c’était Karadoc mais ça doit être l’explication…
Arthur: Non mais, regardez ça, y a même une peau de furet crevé cousu sur un bras. On s’demande c’que ça vient foutre là… Dites donc votre femme, elle est au moins aussi douée en connaissance animalière qu’en couture .
Hervé de Rinel : Oui, on fait une bonne équipe. Elle c’est plus le côté manuel.
Arthur : Et vous c’est la tête donc? P… la vache…
Léodagan : Moi, c’qui m’échappe c’est qu’ils ne se soient pas plaints avant les pécores.
Hervé de Rinel : Non mais là j’ai changé en fait. Avant elle m’avait fait un costume de pigeon mais j’en avais marre d’être toujours perché dans le même arbre. En plus il était un peu loin des habitations, j’entendais rien.
Arthur : P… Bon.. Pfffff, alors Hervé vous écoutez bien là?
Hervé de Rinel : heu ouais…
Arthur : Alors à partir de maintenant, la mission d’espionnage est finie d’accord ? Allez y, répétez.
Hervé de Rinel : Heu ouais…
Arthur : Non, mais répétez !
Hervé de Rinel : Heu la mission d’espionnage est finie
Arthur : Voilà très bien ET, attention, c’est important, vous arrêtez de roder autour des pécores avec ou sans costume! Terminé ! Ah et autre chose, ce truc immonde, vous m’le cramez, j’veux plus en entendre parler.
Hervé de Rinel : Vous êtes sûr? C’est dommage, Ma femme avait commencé à me faire un camouflage de truite.
Arthur : De? Truite ?????
Hervé de Rinel : Bin oui y a un ruisseau qui passe pas loin.
Arthur : oh p… Non mais vous arrêtez tout c’qu’est costume à l’extérieur. POINT! ça suffit! VOUS CRAMEZ TOUT CE MERDIER, LE BOUC, LE PIGEON ET TOUTE LA MÉNAGERIE. Après si chez vous en soirée, bref vous faites c’que vous voulez, j’veux surtout pas l’savoir.
Hervé de Rinel : Mais du coup quand est ce que j’vous fais mon rapport de mission?
Arthur : Votre?
Hervé de Rinel : Bin, j’y ai passé du temps quand même…
Arthur : Ah oui exact. pfff… Bon, grouillez vous! Allez-y…
Hervé de Rinel : Voila, j’ai remarqué que depuis quelques temps ils n’arrêtent pas de planter des piquets. Je ne sais pas ce qu’ils font mais ça parait bizarre.
Arthur : Ah ok d’accord, non non mais ça c’est bon on sait du coup.
Hervé de Rinel : Ah bon? Mais ça sert à quoi?
Arthur : Bin à mon avis, ça sert à attraper les gros cons déguisés en machins improbables et qui s’ prennent pour des renards…
Noir
Guethenoc : Alors, Sire rapport à notre problème vous avez des nouvelles?
Arthur : Non mais ça craint plus rien ça, c’est bon. c’est réglé
Roparzh : Comment ça c’est réglé? Mais c’tait quoi alors cette saloperie?
Arthur : Non mais rien. Alors si quand même par contre, parce qu’on sait jamais si vous voyez encore un truc dans le même style, roder par là-bas, sur la terre, dans un arbre ou tiens dans l’eau même, on sait pas, quelque soit la forme que ça a, vous y mettez un bon coup de fourche dans le fion.
Guethenoc : Ah non mais ça, avec nous, y a pas de problème. Par contre j’aime mieux vous l’dire si on a l’temps d’viser on choisira plutôt la tête.
En vous souhaitant une excellente journée!
Fred
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Sujet : événement, festival, abbaye de Fontfroide, musiques anciennes, musiques médiévales, Jordi Savall, Hespèrion XXI, viole de gambe Nom : 12e Festival Musique & Histoire, organisé par Jordi Savall Dates : du 15 au 19 juillet 2017 Lieu : Abbaye de Fontfroide, Narbonne Label et chaîne youtube : Alia vox
Bonjour à tous,
haque mois de juillet, depuis maintenant onze ans, se tient dans le cadre verdoyant de l’abbaye narbonnaise Sainte-Marie de Fontfroide, et au coeur de ses vieilles pierres, un festival d’exception. Dédié à un répertoire qui va du monde médiéval à la renaissance, l’événement a été créé en 2006 par Jordi Savall et Montserrat Figueras et reste toujours organisé par lui, depuis la disparition de cette dernière.
Cette année, le festival se tiendra du 15 au 19 juillet 2017et comme il couvre une durée de quatre jours, nous publions déjà l’information le concernant afin que vous puissiez vous organiser pour vous y rendre, si le coeur vous en dit. Il s’agit donc de sa 12eme édition.
Le programme n’est pas encore disponible mais comme l’événement est organisé par le grand maître de musique catalan, vous pourrez y retrouver, à coup sûr, ses deux formations musicales d’exception : Hespèrion XXImais aussi La Capella Reial de Catalunya, et encore de nombreux autres artistes passionnés de musiques anciennes et venus du monde entier pour l’occasion. Pour le reste, pour ceux qui suivent déjà nosarticles sur Jordi Savall, vous connaissez déjà son parti-pris de recherches fouillées autour des répertoires anciens mais aussi sa grande ouverture d’esprit. Chacun de ses pas, en matière artistique, est un prétexte à la rencontre et l’enrichissement interculturel autant qu’une célébration de la passion pour la musique et pour l’histoire et c’est donc tout cela que l’on retrouvera cette année, comme les précédentes, dans ce festival.
Ajoutons qu’en général, du point de vue de la programmation concrète, l’événement débute chaque jour par un concert autour de 18 heures et se poursuit en soirée par d’autres concerts jusqu’au milieu de la soirée.
A la découverte de l’abbaye de Fontfroide
avec un guide de prestige : Jordi Savall
l y a quelques années, Jordi Savallnous proposait une visite acoustique et esthétique de l’abbaye et nous ne résistons pas à l’envie de partager cette vidéo pour vous donner un avant goût du festival et de son ambiance artistique et historique.
L’abbaye de Fontfroide: un peu d’histoire
réée à la fin du XIe siècle sur des terres concédées à des bénédictins par le Vicomte de Narbonne, l’abbaye Sainte Marie de Fontfroide se rattachera quelques cinquante ans plus tard à l’ordre de Citeaux. Sous la houlette du célèbre Bernard de Clairvaux, l’ordre des moines blancs est alors en plein expansion et l’abbaye de Fontfroide sera entraînée par cette dynamique cistercienne et connaîtra à partir de là un réel développement.
L’épisode cathare
Nous sommes autour de 1145, en plein coeur du XIIe siècle, et dans cette province du Languedoc qui se tient comme un petit monde à part, avec sa langue et sa culture, pointe déjà les tensions nées de l’émergence d’une croyance et d’une pratique en marge de l’église, le catharisme ou la « religion » des albigeois. Les cisterciens feront de la lutte contre ces pratiques dissidentes émergentes, bientôt frappées d’hérésie, un de leur cheval de bataille et l’abbaye de Fontfroide y sera bien évidemment associée. Les prêches des moines blancs ne suffiront pourtant pas à ramener les brebis cathares dans le giron de l’église. Détonateur de la croisade qui déferlera bientôt sur le sud, sous la pression du Pape Innocent III, l’assassinat du légat du pape Pierre de Castelnau, moine de Fontfroide par un proche soldat du Comte de Toulouse, ouvrira un ère de larmes et de guerre pour le Languedoc médiéval et ses seigneurs qui finiront par y perdre presque tout.
Naissance d’un pape
Plus tard, aux début du XIVe, l’abbaye donnera naissance à un moine, Jacques fournier, qui sera bientôt fait pape et deviendra Benoît XII. Bien que cistercien et non dominicain, le religieux était avant cela devenu Cardinal et évêque de Mirepoix mais avait également officié et présidé le tribunal d’inquisition de Palmiers contre les derniers cathares. Devenu Pape, il entreprendra une réforme des ordres monastiques et lancera encore la construction du célèbre palais des Papes d’Avignon.
Du pouvoir royal au domaine privé
Dans le courant du XVe siècle, l’abbaye tombera sous la coupe du pouvoir royal. L’austérité et la règle des premiers temps seront alors loin derrière elle et les abbés nommés par le roi et qui s’y tiennent sont alors bien loin, dit-on, des moines austères des origines. Après la révolution française, l’abbaye et ses bâtiments seront donnés en legs aux Hospices de Narbonne. Elle connaîtra encore un épisode religieux puisqu’au milieu du XIXe siècle (1848) des moines de l’abbaye de Sénanque viendront s’y réinstaller, avant d’en être chassés par les lois de séparation de l’Etat et de l’église, quelque cinquante ans plus tard, au début du XXe. Acquise aux enchères en 1908, par le collectionneur Gustave Fayet, l’abbaye demeure, depuis lors, un bâtiment privé, propriété des descendants de ce dernier.
En vous souhaitant une merveilleuse journée.
Frédéric EFFE
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Sujet : médecine, citations médiévales, école de Salerne, Europe médiévale, moyen-âge, manuscrit ancien, saignée. calendrier Période: moyen-âge central (XIe, XIIe siècles) Titre: l’Ecole de Salerne (traduction de 1880) Auteur : collectif d’auteurs anonymes Traducteur : Charles Meaux Saint-Marc
Bonjour à tous,
n suivant le fil de la médecine médiévale « hygiéniste » de l’Ecole de Salerne et notamment de son long poème en vers qui traversa le temps du XIe au XVIIe siècles, nous découvrons aujourd’hui des indications de santé, au mois le mois que recommandaient alors les médecins italiens.
Sur les terres d’une Europe médiévale où, serfs ou vilains, 95% des populations sont paysannes, on vit alors, de manière étroite, au rythme du calendrier agricole et de l’alimentation saisonnière. Du côté de la médecine, on prend très au sérieux l’adaptation du « régime » (au sens large d’ensemble de mesure et pas seulement de diète) au climat et aux conditions de chaque mois. Ce nouveau chapitre du Regimen Sanitatis ou du Flos Médicinae est là pour l’attester.
Comme nous l’avions vu dans notre article précédent sur cet ouvrage ancien, de même que la médecine médiévale le fait pour les saisons, elle lie encore les mois aux humeurs, à la saignée, aux bains, aux activités physiques incluant même celle de l’amour. On n’imagine pas, sans sourire, un médecin généraliste s’avancer de nos jours, sur ce dernier terrain au moment de rédiger son ordonnance.
Quoiqu’il en soit et pour revenir à notre sujet, en rapprochant ces conseils des médecins italiens de Salerne avec les illustrations de calendrier agricole et de ses rythmes, on peut d’ailleurs aisément jeter des ponts de l’un à l’autre. Dans un contexte où la relation à l’environnement et la nature reste étroite, la médecine médiévale ne peut qu’entériner, autant qu’elle réaffirme la forte dépendance de l’homme et de sa santé, à la terre et à ses rythmes. Au passage et toute proportion gardée, cette approche hygiéniste de l’Ecole de Salerne n’apparaît pas aujourd’hui si éloignée de certains courants de médecines dites « holistiques » qui tentent de remettre en exergue l’importance du lien entre santé, environnement naturel et alimentation.
Du régime suivant les mois
Un seul rapprochement par mois te suffira, S’il n’a rien de suspect; sinon, il t’en cuira. A ce prix, des docteurs l’aréopage illustre, De vie et de santé te garantit maint lustre.
Janvier. Janvier se réjouit de vins chauds, généreux. L’hydromel est trop fade et rend moins vigoureux; Prends contre les langueurs des boissons salutaires. Écarte les soucis et fuis les mets vulgaires; Les bains sont bienfaisants; bois sans faire d’excès ; Les mets chauds en janvier méritent leur succès.
Février. La fièvre, en Février, se glisse dans tes veines. Pour écarter le froid n’épargne pas tes peines; De boissons, de mets chauds emprunte le secours. Oie, aneth et poirée entretiendront tes jours; Arrose-les de vin. Ta santé souffre-t-elle ? Fais-toi saigner au pouce, adieu le mal rebelle.
Mars. Mars, rouvrant des humeurs les sources jaillissantes, Enfante dans le corps cent douleurs renaissantes. Aux veines garde-toi de dérober leur sang, Mais de racines bois le suc rafraîchissant. Plonge-toi lentement dans de chaudes étuves Qui raniment ta force à leurs tièdes effluves. Des mets avec leur jus, des aliments sucrés Réparent la vigueur d’estomacs délabrés.
Avril. Quand Avril fleurissant vient rajeunir le monde, Quand s’entr’ouvre le sein de la terre féconde, Tout revit. Le sang pur se gonfle en bouillonnant*, Dégage alors le ventre, au pied soustrais du sang.
Mai. Tu pourras en ce mois te purger à loisir; Fais-toi saigner; des bains goûte le doux plaisir, Parfume l’eau des bains d’un arôme sauvage; L’absinthe en lotion est utile au visage.
Juin. L’hydromel trouble en Juin le cerveau du buveur; Du houblon fermentant crains la jeune liqueur; Prends la verte laitue et bois l’eau des fontaines, La bile malfaisante évitera tes veines.
Juillet. La saignée en Juillet est chose redoutable; Ne charge pas de vin un viscère irritable; Abrège ton sommeil: fuis les bains, le plaisir, Et de sauge et d’aneth compose un élixir.
Août. Pour garder en ce mois un tempérament sage, Dors peu, crains la fraîcheur, de Pamour fuis l’usage, Abandonne les bains, fais de sobres repas, Évite la saignée et ne te purge pas; De vins, de lotions crains la suite fatale; Surtout qu’aucun mets chaud à tes yeux ne s’étale.
Septembre. Que Septembre en tes mains prodigue ses fruits mûrs, Poires, pommes, raisins, lait de chèvre et vins purs; Qu’un doux jus dans ton sang coule et le renouvelle, Fais-toi saigner au bras; mange amande nouvelle.
Octobre. Qu’Octobre en tes celliers verse ses vins nouveaux, Entasse autour de toi gibier, oiseaux, chevreaux; Mange autant qu’il te plaît sans charger tes viscères, Que lasserait l’abus d’aliments salutaires. Mange et le lait de chèvre et le lait de brebis, En disques savoureux, épaissis et durcis.
Novembre. Observe de Novembre un précepte formel: Mange miel et gingembre, et bois doux hydromel. De l’amour et des bains néglige la pratique Qui rend l’époux débile et la femme hydropique.
Décembre. Les mets chauds en ce mois sont chose capitale; Point de choux. Qu’on te saigne à la veine frontale. Les lotions du corps n’ont pas d’utilité. Bois sec, mange faisans avec sécurité. Contre le froid piquant couvre avec soin ta tête, Au mal le cinnamome* et s’oppose et l’arrête.
* Cannelle
Une excellente journée !
Fred
Pour moyenagepassion.com A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.