Sujet : humour, détournement, série télévisée, légendes arthuriennes, Kaamelott, Alexandre Astier, comédie, série culte, armoiries historiques, chevaliers, table ronde. Période : moyen-âge central et haut moyen-âge Auteuroriginal:Alexandre Astier Distribution : CALT production, M6 Média : détournement, humour, produits dérivés
Bonjour à tous,
ous vous proposons un peu de détente aujourd’hui, tout en apprenant. Voilà donc huit des chevaliers de la table ronde et personnages principaux des légendes arthuriennes revues et corrigées sous la plume d’Alexandre Astier dans son excellente série Kaamelott. Chacun avec son armorial d’époque comme décrit dans les ouvrages et romans médiévaux du cycle arthurien.
Vous trouverez dans l’ordre d’apparition, de gauche à droite et de haut en bas : Arthur (Alexandre Astier), Lancelot du Lac (Thomas Cousseau), Léodagan (Lionnel Astier), Bohort (Nicolas Gabion), Perceval (Franck Pitiot), Karadoc (Jean-Christophe Hembert), Yvain (Simon Astier), et Gauvain (Aurélien Portehaut).
Le détail des armoiries
l s’agit là d’une liste non exhaustive des chevaliers de la table ronde et uniquement des principaux « héros » de Kaamelott, ou de ceux qui reviennent le plus souvent.
Il existe de nombreux documents sur cette question des armes et armoiries historiques des chevaliers de la table ronde. Si vous en avez la curiosité, nous vous conseillons déjà de lire cette synthèse assez complète, basée notamment sur les ouvrages de Michel Pastoureau : Les armoiries des chevaliers de la table ronde.
Arthur de Bretagne : « D’azur à 3 couronnes d’or »
Lancelot du Lac:« D’argent aux trois bandes de gueules »
Léodagan de Carmélide :« De sable à un lion léopardé d’or armé de gueules »
Bohort de Gaunes:« D’argent semé d’étoiles de sable aux trois bandes de gueules brochant sur le tout »
Perceval de Galles: » De pourpre semé de croisettes d’or et lampasé de gueules »
Karadoc de Vannes : « De gueules à l’hermine passante d’argent, accolée et bouclée d’argent, cravatée d’hermine doublée d’or » (je précise que, pour celui-ci, je suis allé chercher le dernier en date. Il n’est pas certain qu’il soit historique.)
Yvain le Grand, chevalier au Lion: « D’azur au lion d’or, armé et lampassé de gueules »
Gauvain d’Orcanie: « De pourpre à l’aigle bicéphale d’or becquée et membrée d’azur »
Kaamelott meets les produits dérivés
our autant que nous passions notre temps à proposer des âneries et autres détournements dans notre « collection » graphique « Kaamelott meets les Produits Dérivés », je dois avouer que cette fois-ci, je serais plutôt client de ces petits chevaliers qui n’existent bien sûr, pour l’instant, que sur le papier.
Pour rappel, cette collection d’inepties est née d’un clin d’oeil fait à l’absence de Merchandising (hors DVD’s) autour la série Kaamelott. Alexandre Astier. Nous le disions dans un article précédent sur le sujet, ce dernier a, en effet, pour l’instant, tenu à protéger son oeuvre pour justement ne pas laisser le marché et le marketing sauvage libre de la dépouiller joyeusement sans en garder un minimum le contrôle.
Partant de là, l’idée nous est venue de créer un département marketing factice, à la limite de la débilité et dont les créatifs sont assez proches dans l’esprit des personnages qui entourent le roi Arthur dans la série Kaamelott. En gros et à quelques exceptions près, ils ne font que présenter à l’auteur des créations bancales et douteuses, la plupart du temps irréalisables et vouées à la corbeille. Celle d’aujourd’hui est certes burlesque mais elle semble quelque peu échapper à la règle.
En vous souhaitant une excellente journée et une superbe fin de semaine.
Fred
Pour moyenagepassion.com A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.
Sujet : Kaamelott, légendes arthuriennes, roi Arthur, humour, comédie, série télévisée culte, Brice Fournier, citations, Kadoc. Période : moyen-âge central, haut moyen-âge pour la légende. Auteur : Alexandre Astier Média : détournements graphiques Distribution : M6, Calt Production
Bonjour à tous,
oici une nouvelle parenthèse d’humour autour de la série Kaamelott. Nous en profitons pour vous présenter Kadoc, personnage mythique de la série, ainsi qu’un portrait de Brice Fournier qui le joue à l’écran.
Du côté des variations graphiques et humoristiques, nous laissons voguer notre imagination vers l’univers du médiéval fantaisie qui n’est pas absent des légendes arthuriennes à la façon d’Alexandre Astier, mais aussi vers le cinéma (avec des détournements d’affiches) et encore les « produits dérivés ».
Concernant ce dernier point, il s’agit d’un clin d’oeil puisque, jusqu’à présent, l’auteur de la série télévisée s’est montré plutôt réticent à laisser exploiter Kaamelott en terme de merchandising. Sur cette question, sa position a toujours été claire. Il ne souhaite pas voir transformer son oeuvre en sous-produit marketing et il entend bien en conserver la maîtrise.
Brice Fournier, Thomas Cousseau, Jean-Christophe Hembert et les légendes arthuriennes selon Alexandre Astier
Kadoc, frère du chevalier Karadoc et
personnage mythique de Kaamelott
On peut difficilement évoquer le personnage Kadoc de Kaamelott sans parler de celui qui l’incarne à l’écran et sans lui rendre, ici, un véritable tribut. Dans la série, c’est Brice Fournier, acteur senior, originaire de la région lyonnaise (Saint-Priest) qui campe avec brio ce frère improbable du chevalier Karadoc (Jean-Christophe Hembert), lui-même largement sous-doué et bien plus fort dans le domaine de la boustifaille que dans celui de la quête du Graal. Quant à son frère, Kadoc, n’en parlons pas, ou plutôt si parlons-en.
« Bah, Karadoc, c’est le gars brillant, quoi… Le frère à côté c’est sûr… C’est vraiment un gros con. » Perceval (Franck Pitiot)
Kaamelott, Alexandre Astier.
Dans Kaamelott, le personnage de Kadoc atteint des sommets et bat tous les records en terme de nullité. Il frise même, on peut le dire, la déficience mentale légère. Une de ses particularités est qu’il ne dort jamais, ce qui d’après les druides consultés, pourrait expliquer son retard certain sur d’autres points. En revanche, il faut le savoir, il s’évanouit quand on lui parle de « machins trop techniques » (dixit Karadoc) et, autre détail important, il faut aussi d’éviter de lui donner des couteaux; il n’y a pas droit, parce qu’il risque d’attaquer les gens avec.
« Dans trois jours, ma tata elle m’emmène à la mer pour me noyer. » Kadoc (Brice Fournier), Kaamelott, A. Astier.
Au titre de ses compétences principales, son vrai point fort reste le jeu du caillou dans lequel il excelle. En gros, il s’agit de lancer un caillou, on imagine dans un pot, ou peut-être simplement en s’approchant le plus près du mur (les avis des experts divergent sur la question) mais quoiqu’il en soit, attention ! sans mordre la ligne, sinon Kadoc fait un blocage. A part cela, ses interrogations les plus existentielles tournent autour d’une question qui le préoccupe excessivement: « Elle est où la poulette ?« , et qu’il pose, la plupart du temps, sans aucune relation au contexte, comme d’ailleurs à peu près tout ce qu’il dit.
Le jeu du Caillou de Kaamelott, façon World of Warcraft et médiéval fantaisie
En bref, Kadoc évolue dans un monde qu’il est à peu près le seul à comprendre et dont lui seul (et dans une certaine mesure son frère Karadoc) possède les clés. Il vit en principe chez sa « tatan » où il a vraisemblablement été élevé, mais comme visiblement tout le monde en a un peu marre de s’occuper de lui, son frère Karadoc hérite quelquefois de sa garde et essaye, comme il le peut, de le caser dans les pattes du roi Arthur. Jusque là, les tentatives de lui trouver une quelconque utilité au château ont toutes lamentablement échoué.
« J’ai le droit d’être quatre jours pas chez moi, et après chez moi. Mais y a du voyage qui se prépare, et pour soigner les bêtes, y a pas que ma tante, y a moi aussi. » Kadoc (Brice Fournier), Kaamelott, A. Astier.
Kadoc apparaît dans moins de vingt épisodes de la série télévisée. Il n’a, en tout qu’une vingtaine de lignes de dialogue, mais mis au service du génie comique d’Alexandre Astier, le talent de Brice Fournier et sa performance comique, en ont fait rien moins qu’un personnage mythique. Pour tous les amateurs de Kaamelott, ces quelques lignes sont désormais entrées dans la postérité et les apparitions de Kadoc sont toutes gravées dans les mémoires.
Brice Fournier,
de Kadoc à la passion du 7ème art
Actif au théâtre comme au cinéma et en télévision, Brice Fournier apparaît aussi comme jury ou parrain dans de nombreux festivals de cinéma (court et moyen métrages).
Avec plus de dix-sept films à son actif et un nombre équivalent de participations dans des productions télévisuelles, il a, entre autre, dans le courant de l’année 2014, reçu le prix du meilleur second rôle au Macabre Faire Film Festival de New York pour sa prestation dans le très déjanté Extrême Pinocchio de Pascal Chind. Il a aussi participé à plusieurs reprises à des longs métrages primés à Cannes, dont l’excellent film À l’origine de Xavier Giannoli (11 nominations aux Césars du cinéma 2010) dans lequel François Cluzet campe un escroc pris à son propre jeu. En voici un petit extrait, vous en trouverez plus sur la chaîne youtube de Brice.
A l’origine de Xavier Giannoli, avec Brice Fournier. extrait.
En dehors de ses nombreux rôles, Brice a mis en scène la pièce de théâtre humoristique « Pachyderme » de Jacques Chambon, dans laquelle il incarnait en 2015-2016, l’un des rôles principaux. Il est également passé derrière la caméra comme réalisateur à deux reprises. Son premier court métrage Salvic Angel (2008) est un film émouvant et profond sur la solitude, et les déchirures familiales. En 2014, il lance aussi « Des Quiches et des Hommes« , une émission culinaire légère et fun avec Guest. Dans le premier épisode, on retrouvait son complice J-C Hembert (le Karadoc de Kaamelott). A ce jour, deux épisodes sont réalisés et les canaux de distribution devraient se mettre en place, on l’espère, sous peu.
Loin de Kadoc, que nous retrouverons, nous l’espérons, dans la trilogie Kaamelott au grand écran, nous lui souhaitons tout le meilleur pour ses projets sur les planches ou au cinéma !
Pour moyenagepassion.com. « L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publilius Syrus Ier s. av. J.-C.
Sujet : Kaamelott, roman arthurien, légendes arthuriennes, chevaliers, table ronde, série TV Période : haut moyen-âge, médiéval fantastique Format : vidéo, série télévisée « culte » Auteur/ Réalisateur : Alexandre Astier Date de sortie : de 2005 à 2010 Production : CALT & Alexandre Astier Diffusion : M6
LA LEGENDE DU ROI ARTHUR REVISITEE
« Je lui rembourse mes genoux et s’il a filé la vérole à mes bêtes… j’suis un marteau moi, je crame tout, moi, sa ferme, ma ferme, celles des autres, le château, j’fait flamber le moitié de la Bretagne. » Guethenoc, (Serge Papagalli ) Kaamelott.
Bonjour à tous,
aamelott est une série télévisée culte du talentueux auteur, acteur, réalisateur Alexandre ASTIER. Elle mérite assurément un peu plus qu’une simple citation ou qu’un simple article, mais il faut bien commencer par quelque chose.
Avec Kaamelott, la France, transportée dans le haut moyen-âge, découvrait la légende du roi Arthur et de ses chevaliers de la table ronde sous un nouvel éclairage, et avec elle, une écriture, une famille et une troupe d’acteurs. Et c’est sans nul doute une des grandes forces de cette série, qui a désormais échappé à son média pour devenir une œuvre à part entière, que d’être portée par un auteur qui est aussi un acteur et qui s’inscrit dans une vraie troupe et une vraie famille. Père, frère, mère et belle mère, amis de longue date et beaux acteurs, il y a du cœur, de la sensibilité, et au final, une vraie complicité autant que de la jubilation dans le jeu de tout ce petit monde et l’on s’attache autant à l’excellent texte et à l’humour qu’à la troupe qui entoure Alexandre Astier et se met à son service.
LE RESUME DES LIVRES & DES SAISONS
La trame de la série Kaamelott est celle de la légende d’Arthur et l’œuvre se décline en livres aux tons et aux formats changeants, au fil de l’Histoire et des exigences de son conteur pour mieux la servir.
En voici un résumé « relativement » court, compte tenu du fait que nous parlons de près de 30 heures de visionnage. Pour ceux qui n’ont pas vu la série, sachez que vous trouverez forcément quelques « spoils », aussi si vous êtes de ceux qui préfèrent ne rien savoir et découvrir par eux-mêmes, nous vous proposons un petit trailer en forme de mise en bouche. Pour le reste, vous pouvez avancer dans la confiance, avec Kaamelott, nous nous situons dans l’excellence tant dans l’écriture, l’humour et le récit, que dans le jeu de ses acteurs. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard si la série a été saluée et récompensée par deux prix. (Globe de cristal 2006 et prix du Festival de Luchon 2006).
KAAMELOTT : SAISONS I à III, LA SAINTE QUETE DU GRAAL ET LES CHEVALIERS DE LA TABLE RONDE
Format court : 7 minutes Contenu : 100 épisodes par saison, soit 300 au total.
« Le gras, c’est la vie »
Karadoc, (Jean-Christophe Hembert) Chevalier de la table ronde, Kaamelott.
De bonne volonté, tolérant et ouvert, l’Arthur d’Alexandre ASTIER est un roi résolument moderne. Quand la série débute, il a déjà libéré l’épée Excalibur de son rocher et a construit Kaamelott. Principalement entouré d’incapables, des chevaliers jusqu’à Merlin en passant par le moindre serviteur du château de Kaamelott, il lui faudra maintenant asseoir son autorité, ancrer la paix entre les différentes tribus du Royaume de Logres et lancer la sainte quête du Graal. Il sera « assisté » dans sa tâche (même si le mot est fort), par Merlin l’enchanteur (Jacques Chambon à l’écran) et par une messagère des Dieux, la dame du Lac connue encore sous le nom de fée Viviane (incarnée dans la série par Audrey Fleurot, photo ci contre).
Pris dans un mariage politique arrangé avec la reine Guenièvre, Arthur devra aussi jouer de patience pour supporter les vicissitudes de la vie quotidienne, au milieu de sa belle famille qu’il héberge au château de Kaamelott, famille dont Léodagan (Lionel Astier) son beau père autoritaire et chicaneur, roi de Carmélide, n’est pas le moindre trublion, même si Dame Seli (Joelle Sevilla), la belle-mère, n’a pas grand chose lui envier (photo ci dessous: Léodagan et Dame Seli).
Au niveau politique, même si la libération de l’épée magique Excalibur de la pierre a calmé tout le monde sur la légitimité de ce Roi celte, revenu éduqué de Rome, Arthur doit encore composer avec une certaine barbarie dans les coutumes et les mœurs, encore à l’œuvre dans le royaume de Logres, autant qu’avec des invasions barbares de tout poil – Saxons, Huns ou Burgondes – venus piller le royaume et le mettre en péril. Dans cette opposition et ce contraste de cultures, notre bon Arthur ne se démontera pourtant pas et s’avérera toujours habile à manœuvrer. (photo ci-contre, l’hallucinant roi burgonde, campé à l’écran par l’excellent Guillaume Briat).
RIRE SAINEMENT, SANS CYNISME ET SANS MEPRIS
« J’irai me coucher quand vous m’aurez juré qu’il n’y a pas dans cette forêt d’animal plus dangereux que le lapin adulte ! » Bohort, (Nicolas Gabion), Chevalier, Kaamelott.
Grâce à l’ensemble des personnages entourant Arthur, nous aurons, quant à nous, l’occasion de toucher du doigt et de nous gausser des innombrables formes que peuvent prendre l’incompétence et le manque de vivacité d’esprit, ce que Michel Audiard aurait sûrement pu appeler en son temps, « les mille et une forme de la c….rie ». Qu’on ne se trompe pas pourtant, il n’y a jamais de mépris chez Alexandre Astier et dans son écriture, pas plus que dans le regard du roi Arthur qu’il incarne à l’écran.(photo ci-dessus les mythiques « chevaliers » Perceval, Franck Pitiot, et Karadoc – Jean Christophe Imbert). S’il sait ses gens faillibles et s’étonne, avec nous, de leur niveau de compréhension générale autant que de leur lenteur d’esprit, il leur voue, pourtant, toujours une certaine tendresse et fait montre, à leur endroit, de trésors de patience et de tolérance. Et comme il y a dans le regard de cet auteur du cœur, de l’humanisme et jamais de cynisme, on rit toujours sainement dans Kaamelott. D’ailleurs, l’auteur a dédié cette œuvre à Louis de Funès, ce merveilleux génie comique à qui l’on pardonnait tout et que l’on aimait jusque dans ses pires méchancetés scéniques, parce qu’il restait profondément humain. (photo de gauche, ci-dessus, les « chevaliers » Yvain, Simon Astier, et Gauvain, Aurélien Portehaut)
KAAMELOTT SAISON/LIVRE IV :
DE L’AMOUR COURTOIS A LA TRAHISON
Format court : 7 minutes Contenu : 100 épisodes
« Invoquer une meute de loups ? Moi je veux bien, mais je vous préviens : s’ils se retournent contre nous pour nous bouffer les miches, vous viendrez pas pleurer ! »
Merlin (Jacques Chambon), Enchanteur officiel de Kaamelott
Le format reste le même mais le ton change déjà légèrement, car il faut maintenant compter avec la séparation du roi Arthur du chevalier Lancelot (photo ci-contre, incarné par Thomas Cousseau), qui lui était resté fidèle jusque là. Ce dernier, exaspéré par l’incompétence qui entoure le roi autant que par ce qu’il considère comme un manque d’autorité de la part du souverain, a, en effet, décidé de reprendre seul sa quête et de déserter la table ronde. Viendra s’ajouter bientôt à cela, la révélation de l’aventure amoureuse de Lancelot et Guenièvre, sortie des formes de l’amour courtois pour se consumer au grand jour, au risque de consumer avec elle, le royaume de Logres et l’autorité d’Arthur sur ses terres. L’affaire des deux amants avait commencé à se faire sentir de manière larvée dans les livres précédents, mais la prise d’Arthur pour maîtresse de Dame Mevanwi, l’épouse d’un de ses chevaliers, aura accéléré les choses. Au grand dam des gens qui entoure le roi, plus qu’à celui d’Arthur lui-même, la reine Guenièvre s’en ira donc vivre avec Lancelot et découvrira, au passage, la différence entre le statut de souveraine officielle et celui de maîtresse d’un chevalier errant, vivant dans la forêt (photo de gauche, Guenièvre incarnée à l’écran par la très drôle Anne Girouard).
Tout autour, à la faveur de ces dissensions et de la passivité du roi, les complots se fomenteront pour changer la donne au royaume de Logres et les traîtres avanceront, bientôt, à visage découvert (photo ci-dessus, à droite le Roi Loth – François Rollin, à gauche Dagonet Antoine de Caunes et Galessin – Alexis Hénon). A la table ronde même, les intentions séparatistes se feront connaître auxquelles Arthur, dans sa mansuétude autant que son indifférence, ne résistera pas. Ne faisant plus l’effort de retenir personne et rendant à chacun un libre arbitre qu’il ne leur aura finalement jamais confisqué, il ira même jusqu’à encourager certains départs, laissant aller à vau-l’eau tout ce qu’il avait tenté de construire jusque là. Et jusqu’aux Dieux, alors, sembleront se détourner du grand roi. (photo ci contre, Dame Mevanwi, incarnée dans Kaamelott par Caroline Ferrus)
KAAMELOTT SAISON/LIVRE V LES ERRANCES D’ARTHUR & LA FOLIE DE LANCELOT
Format : 52 minutes Contenu : 8 épisodes
« Alors, si vous êtes plus à l’aise avec les notions concrètes, je peux vous proposer mon pied dans les noix… » Léodagan de Carmélide (Lionel Astier) au roi Loth.
Changement de ton, changement de format, même si les choses semblent reprendre leur cours normal, les fractures sont encore ouvertes et les plaies ne sont pas soignées. Arthur s’est rangé à l’avis de tous, allant reprendre la reine Guenièvre et laissant sa maîtresse retourner vers son chevalier, mais les affres de la déprime et du découragement gagnent le roi. La quête du Graal n’a pas abouti et il subit encore la douleur de la perte de Lancelot, ami cher et chevalier, auquel il ne se résout pas à en vouloir, malgré sa trahison; On dit, de surcroît le chevalier disparu, devenu à demi fou et peut-être même mort. Autour de Kaamelott, de nouveaux clans se sont formés, jusqu’aux plus fantaisistes, et Arthur, lui même a déserté la table ronde. Comment gouverner sans un roi? Voila les conseillers et les proches réalisant le vide laissé par celui dont on critiquait tant l’apparente inaction et la trop grande modernité et qu’on n’arrive pourtant pas à remplacer.
De son côté, empreint d’empathie et fin psychologue avant l’heure, Arthur ne s’en prend qu’à lui-même et porte sur ses seules épaules en bon roi digne et conscient, tout l’échec de son règne et de ses quêtes, au point de se laisser dériver, allant jusqu’à flirter avec les noirs rivages de la mort. Pendant ce temps, devenu ermite, Lancelot, muré dans sa colère et ses rancoeurs, suivra, bientôt, comme une ombre, un mystérieux homme en noir, le sombre Méléagant, bien décidé à lui faire retrouver la gloire et le pouvoir. Mais quel prix de sang et de larmes le chevalier du Lac devra-t’il payer pour les reconquérir? Y est-il prêt? (photo ci-contre Méléagant, et l’excellent Carlo Brandt)
Ce livre est merveilleux, autant par son changement de tempo et de ton que par la profondeur de son intrigue, et c’est en virtuose du rythme et de l’écriture musicale et littéraire* que l’auteur le conduit. La question de l’identité du héros y est posée, plus que dans aucun autre opus, et c’est d’ailleurs ce qui guidera Arthur tout au long de ce livre, puisqu’il ira chercher, dans une quête solitaire, à la fois ses origines et sa possible descendance. Qui est-il? Pourquoi n’a-t’il pas infanté? Peut-il faillir et s’autoriser la chute? Doit-il libérer l’épée de la pierre après l’y avoir replantée à nouveau, comme sa mère le lui a conseillé? Lui faut-il renoncer au royaume de Logres et au delà de tout cela, peut-être à la vie même? * Rappelons qu’Alexandre Astier est également musicien-compositeur et qu’on lui doit aussi toutes les musiques de la série Kaamelott.
KAAMELOTT SAISON/LIVRE VI
ARTHUR A ROME, L’ENFANCE D’UN ROI
Format : 40 minutes Contenu : 9 épisodes
« Des chefs de guerre, il y en a de toutes sortes. Des bons, des mauvais, des pleines cagettes, il y en a. Mais une fois de temps en temps, il en sort un. Exceptionnel. Un héros. Une légende. Des chefs comme ça, il y en a presque jamais. Mais tu sais ce qu’ils ont tous en commun ? Tu sais ce que c’est, leur pouvoir secret ? Ils ne se battent que pour la dignité des faibles. » César (Pierre Mondy), Empereur des Gaules, à Arthur, Kaamelott.
Avant d’entrer dans la suite de la légende, l’auteur décide ici de nous ramener en arrière dans le temps, pour mieux éclairer le départ de son œuvre et le personnage complexe d’Arthur. Nous le suivrons donc, cette fois-ci, à Rome pour partager des épisodes marquants de l’adolescence du bon roi et son éducation romaine. Nous y croiserons un Pierre Mondy Césarisé et merveilleux, Général blasé vieillissant qui verra en Arthur le grand homme que la légende l’appellera, bientôt, à devenir. Nous y rencontrerons encore le génial Merlin, étonné de voir combien « la majesté de chaque monument de Rome le dispute à la magnificence » et un coin du voile sera également levé sur le recrutement des chevaliers de la table ronde. (photo ci-dessous, les couloirs complexes et tortueux de la politique romaine, Patrick Chesnais et François Levantal)
Filmé a Cinecitta avec une pléthore de grands acteurs, ce livre nous conduit encore dans une changement de rythme et de format. Pour ceux qui ont compris que dans la liberté d’Alexandre Astier, se niche toujours un pari sur notre intelligence, ce nouvel opus est franchement jubilatoire. A travers ces nouveaux épisodes, il nous surprendra encore et nous régalera de belles heures d’aventure en compagnie de son Arthur, avec du rire toujours intelligent.
A l’ère du DVD, ceux qui, à l’époque de sa sortie télévisuelle, ne purent accrocher sur le format court et quotidien de cette série ont, heureusement le bonheur et la joie de pouvoir l’acquérir d’un seul coup sous forme de coffrets. C’est comme ça que je l’ai moi-même découverte, en m’affranchissant ainsi de l’attente quotidienne pour la voir (et la revoir) de manière plus continue et tout à loisir. Franchement, n’hésitez pas, Kaamelott se regarde et se re-regarde et de nombreux amis et connaissances qui sont tombés dedans ne s’en sont toujours pas lassés.
-> Acquérir l’intégrale de Kaamelott en DVD
L’intégrale de Kaamelott en DVD est en promotion depuis quelque temps, c’est l’occasion d’en profiter.
« Si Joseph d’Arimathie a pas été trop con, vous pouvez être sûr que le Graal, c’est un bocal à anchois. » Perceval le Gallois, Chevalier, Kaamelott
O solitude et désespérance du « fan »! Il a revu déjà cinq à six fois tout ce qui est déjà sorti et il attend, transi, que l’auteur le régale d’un mouvement de plus. Combien de fois encore, telle la goutte d’eau sourd, inexorablement sur la pierre, a-t’il harcelé l’auteur de ses questions sur la suite? Impatience flatteuse et usante, ô Alexandre! soit salué pour ta magnanimité à chaque fois que te revient la sempiternelle ritournelle de l’amateur inquiet!
Pourtant, la suite est en marche, nous le savons, et les complications juridiques rencontrées par Alexandre Astier pour libérer son œuvre de l’ornière de ses premiers contrats semblent enfin se décanter. Ne pas avoir voulu y sacrifier est encore un signe de sa grande liberté car il l’a dit et répété, le temps étant passé depuis les premiers épisodes, si les conditions des premiers accords le limitaient, pour la suite, dans ses moyens comme dans ses mouvements, alors de suite il n’y aurait point.
Dans les méandres des pourparlers et depuis décembre 2015, il semble pourtant bien que les accords se fassent jour. Alors, si tout va bien, oui, il y aura une suite, oui il y aura des longs métrages et vraisemblablement une trilogie cinématographique Kaamelott qui contera le retour d’un nouvel Arthur dans son royaume. Concernant un retour télévisuel sur M6 sous forme d’une série appelée « Kaamelott résistance » qui conterait la période trouble durant laquelle Lancelot, ayant hérité du pouvoir au royaume de Logres de la main même d’Arthur, y régnera d’une main ferme et dictatoriale, pour l’instant, la situation semble gelé. Cela se transformera-t-il en film d’animation, en long métrage, en bandes dessinés, ou pourquoi pas en symphonie? En vérité, avec Alexandre Astier, tout reste possible tant son écriture est souple et protéiforme et tant il lui plait de suivre ses muses pour nous amener, à sa suite, dans des endroits toujours inattendus.
LIBERTE DE TON & MARQUE D’UN AUTEUR
« Je ne veux pas satisfaire les fans de Kaamelott, je veux les surprendre » Alexandre Astier, Auteur-réalisateur de Kaamelott
C’est une des particularités uniques de Kaamelott qu’Alexandre ASTIER se comporte en auteur et se met entièrement au service de la légende d’Arthur. Il a un vrai regard sur l’œuvre médiévale et une grande liberté par rapport à elle, mais il en suit la trame de manière implacable. Et, c’est sans doute là la différence entre l’auteur véritable et le comique troupier, le changement de ton ne lui fait jamais peur, pas plus que la tentation de tomber dans le stéréotype ne l’affecte. Et là où d’aucun ne prendrait aucun risque, de peur de semer leur public en route, misant ainsi sur le confort, il prend, lui, tous les risques et c’est une élégance qu’il nous fait de nous prêter l’intelligence que la médiamétrie a, semble-t-il, depuis longtemps confisquée au public.
Sans savoir si tout cela a été le fruit d’un passage en force avec la chaîne et sans en préjuger, il faut quoiqu’il en soit reconnaître à M6 d’avoir su suivre l’auteur et de lui avoir fait confiance en prenant avec lui ce risque qui, au final, s’est avéré largement payant. Comprenons nous bien, nous n’avons, quant à nous, aucun doute sur l’intelligence du public, mais d’une certaine manière, le succès de Kaamelott et son audacieuse écriture est une pied de nez à cette idée nauséabonde que l’on ne fait que servir au public ce qu’il demande et que c’est finalement lui qui tire toujours vers le bas la qualité télévisuelle des programmes et leur ambition. Kaamelott nous montre que le public est subtil et intelligent, et la télé, même, en ressort grandit. Puisse-t-elle en tirer les leçons.
« L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme. »
André Malraux
Pour revenir à Alexandre Astier, il faut juger de l’évolution de l’écriture de Kaamelott comme de ses spectacles sur Bach (« que ma joie demeure ») ou sur la vie extra-terrestre (« l’exo conférence »), c’est un auteur talentueux qui nous demande de lui faire confiance et de le suivre, dans le drame comme dans l’humour, et refuse d’être attendu. C’est une liberté merveilleuse mais c’est aussi, encore une fois, la marque d’un grand auteur qui ne sacrifie pas son oeuvre à une vision réductrice et convenue de son public. Cela s’appelle aussi un vrai artiste. Aussi, merci mille fois encore à lui et son sens de l’Art, pour nous rendre cette intelligence et d’échapper ainsi totalement au schéma convenu. Etre un auteur libre ou ne pas être du tout, Alexandre Astier a choisi. Et comme les œuvres brillamment écrites sur les légendes deviennent, à leur tour, intemporelles, après la version de la légende Arthurienne de Chrétien de Troyes, et d’autres grands noms qui s’y sont essayés, l’Histoire devra aussi compter avec sa relecture et ré-écriture par Alexandre Astier.
Merci de votre lecture. j’ai conscience de la longueur de cet article mais d’aucuns ont consacré des sites entiers à Kaamelott, lui dédier un long article était bien le moins que nous puissions faire pour le servir.
Si vous souhaitez découvrir d’autres articles sur la série TV Kaamelott, les BD, les films et l’actu, suivez ce lien.
Une excellente journée à tous.
Frédéric EFFE
Pour moyenagepassion.com
« L’ardente passion, que nul frein ne retient, poursuit ce qu’elle veut et non ce qui convient. » Publilius Syrus Ier s. av. J.-C