Sujet : guerre de cent ans, lieu d’intérêt, batailles médiévales, musée, armoiries, histoire médiévale, bataille d’Azincourt, atelier, conférence. Période : moyen-âge central, 1415 Lieu : Centre Historique Médiéval d’Azincourt
22, rue Charles VI. 62310 Azincourt Evénement : rencontre thématique, atelier conférence sur les armoiries d’Azincourt Date : Samedi 13 mai 2017
Bonjour à tous,
ur les lieux même d’une des plus grandes batailles de la guerre de cent ans, dans le Pas-De-Calais et à Azincourt se tient un centre historique et un musée qui commémore la célèbre date de 1415. Il vous y est proposé de partir à la découverte du champ de bataille mais aussi des armes, armure et forces en présence.
Résolument Interactif et multi-média, le centre vous propose, le temps d’une visite, de devenir un acteur de la guerre de cent ans et de vous immerger au coeur de l’événement. La technologie vient là encore se mettre au service de l’Histoire pour une expérience plus ludique mais vous pourrez aussi y manipuler des armes anciennes et des armures d’époque, pour vous faire une meilleure idée de ce qu’ont pu vivre les combattants d’alors sur le champ de bataille. Au delà, l’idée est encore de vous faire mieux percevoir les conséquences de la grande défaite d’Azincourt sur son époque.
Bataille d’Azincourt, miniature du XVe siècle, BnF, Chronique d’Enguerrand de Monstrelet
Rencontre thématique autour
des Armoiries présentes à Azincourt
n supplément de ses activités habituelles et pour aller un peu plus loin sur son sujet de prédilection, le Centre Historique Médiéval d’Azincourt organise également, ce samedi 13 mai, une rencontre thématique autour des Armoiries présentes en 1415 durant la grande bataille.
C’est Dominique Delgrange, membre associé de l’Académie Internationale d’Héraldique qui animera cet atelier conférence.
Pour plus d’information, vous pouvez vous mettre en contact directement avec le centre médiéval historique d’Azincourt au numéro de téléphone suivant : 03 21 47 27 53 ou contacter également la chargée de communication sur place, Louise Quenehen à l’adresse suivante :
En vous souhaitant une belle journée.
Fred
Pour moyenagepassion.com A la découverte du moyen-âge sous toutes ses formes.
Sujet : archéologie médiévale, Tintagel, château, statue roi Arthur, sites touristiques, légendes Arthuriennes, gestion de patrimoine. Période : haut moyen-âge, moyen-âge central. Lieu d’intérêt : Tintagel, site archéologique et historique d’exception
Bonjour à tous,
ntre presse à sensation, exigence du négoce touristique et archéologie sur site, les polémiques font rage, depuis 2016, du côté de Tintagel. Après avoir dédié, il y a quelque temps, un article sur les découvertes récentes sur site, en relation aux légendes arthuriennes, nous voulions, cette fois, aborder les questions qui touchent le difficile équilibre à trouver entre marché du tourisme et gestion du patrimoine sur les sites d’intérêts.
Comme nous l’avions dit, les archéologues qui s’affairent sur le lieu que Geoffrey de Monmouth avait consacré comme celui de la naissance d’Arthur depuis le moyen-âge central, sont loin de tous résumer leur travail quotidien à la poursuite d’un Graal que serait devenu lui-même le légendaire Roi de Bretagne, et pourtant l’organisme qui gère le site et y finance les fouilles n’a pas résisté, de son côté, à mettre un peu l’emphase sur le sujet. Il faut dire que l’attrait principal de Tintagel auprès des nombreux touristes qui le visitent chaque année, n’est bien sûr pas étranger aux légendes arthuriennes. Pour le dire autrement, on vient plus certainement y chercher un peu de la saveur de cette quête du Graal que pour s’entendre dire que rien, à ce jour, ne permet sur place d’en établir avec certitude la véracité historique.
Merlin l’enchanteur, une sculpture moderne dans la roche du site archéologique de Tintagel
English Heritage : gestion du patrimoine et maintien des sites historiques anglais
English Heritage est un organisme de bienfaisance très officiel et tout à fait sérieux qui gère la collection du patrimoine national anglais. A ce titre, l’organisation a en charge plus de 400 bâtiments, monuments et sites historiques, pour un patrimoine qui couvre plus de 5000 ans d’histoire. Sa mission consiste donc à faire vivre tous ces lieux, à prévenir leur détérioration et à assurer leur conservation. Tout cela suppose, entre autres missions, de les animer, les rentabiliser et d’y pratiquer
encore, quand les moyens le permettent, des campagnes de fouilles.
Dans le courant 2015/2016, English Heritage a donc décidé de faire appel à deux artistes pour effectuer sur le site de Tintagel deux créations : une sculpture de Merlin dans la roche, réalisée par Peter Graham et un chevalier de bronze, réalisé par Rubin Eynon. Cette dernière oeuvre n’a pas de nom, libres aux visiteurs du site d’imaginer s’il s’agit du Roi Arthur lui-même, de Uther Pendragon ou même encore d’une référence allégorique aux chevaliers de la table ronde.
Concilier gestion du patrimoine
et exigences du négoce touristique
Au delà de la dimension esthétique de ces créations, laissée au goût et à l’appréciation de chacun, sitôt mises en place elles ont suscité de vives polémiques, démontrant combien il est quelquefois difficile de tracer la ligne entre gestion du patrimoine et animation touristique sur les lieux d’intérêt historiques.
Un chevalier fantomatique de Rubin Eynon, sur le site historique de Tintagel
Là où bien sûr, personne n’en doute, il s’agit pour l’organisme anglais de dynamiser l’endroit et d’y attirer plus favorablement les touristes, les levers de boucliers ne se sont pas faits attendre et on a même parlé de « Dyneyïsation » du site. Les puristes et les plus conservateurs ont crié au scandale, jugeant que l’intérêt de l’endroit se suffisait largement à lui-même sans qu’on ait à y ajouter. Les autres y ont trouvé, sans doute, un aspect ludique à leur goût, se contentant d’apprécier les œuvres, en laissant voguer leur imagination. Est-ce ludique ? Est-ce esthétique ? Est-ce vulgaire et dévoyé ?
Au delà, les questions sont soulevées. Comment faire fonctionner, maintenir et financer les sites d’intérêts historiques sans un apport de touristes ? Si les fonds privés ne suffisent pas, l’Etat doit-il les prendre entièrement en charge ? Les réponses peuvent devenir rapidement politiques mais ne font, en tout état de cause, que déplacer le débat car quand bien même on déciderait de faire reposer l’ensemble des lieux historiques sur fond public, il ne viendrait sans doute plus à l’idée de personne de se priver de l’apport touristique pour participer aux frais de fonctionnement et de maintien des sites.
Alors, comment favoriser le développement du tourisme grand public sur les sites patrimoniaux ? Y-a t’il une manière correcte de le faire ? Comment concilier intérêt historique et exigence du marché touristique, sans tomber dans la tentation de « raconter » des histoires simples aux visiteurs, au risque de vulgariser les données en présence ? Qui peut tracer la ligne entre le racoleur et le « bon ton » ? Tout ceci n’est sans doute pas qu’une affaire de bon goût et le difficile débat de la gestion de patrimoine reste tout entier posé ici. Nous vous laissons le soin de le trancher. Le sujet prouve bien, en tout cas, à quel point, les anglais ne badinent pas quand il s’agit des légendes Arthuriennes et de leurs sites historiques.
En vous souhaitant une belle journée.
Frédéric EFFE.
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Sujet : école d’été, Summer School, Histoire, monde médiéval, patrimoine, passion, enseignement, conférence, visites guidées, Période : du moyen-âge à l’ancien régime Organisateur : Ecole nationale des Chartes Lieu : sites historiques d’intérêt, Cité internationale universitaire de Paris. Date : du lundi 3 au vendredi 7 juillet 2017
Bonjour à tous,
l serait injuste de réduire l’enseignement de l’Histoire en France à une seule école. Elle vit dans nos universités du Sud au Nord et de l’Est à l’Ouest, portée par des passionnés de recherche et de grands historiens mais, pour autant, on peut difficilement parler d’excellence dans cette discipline au niveau national, sans penser à la prestigieuse et très renommée Ecole Nationale des Chartes.
Créée par ordonnance royale de Louis XVIII en 1821, sise à l’ombre de la Sorbonne, l’école porte près de deux cents ans d’histoire et d’enseignement. Au delà des formations qu’elle dispense dans la science historique mais aussi dans les métiers liés à l’archivage, l’exploitation et la conservation du patrimoine, elle a su élargir son champ d’investigation aux sciences de l’homme et de la société pour proposer une approche large et pluridisciplinaire de l’Histoire. Diplôme d’archiviste-paléographes, études doctorales, master(s) mention «Histoire» et encore mention «Nouvelles technologies appliquées à l’Histoire», les qualifications offertes par cette grande école sont largement reconnues et valorisées sur le territoire français, mais les programmes qu’elle a su mettre en place et son ouverture lui confèrent encore un rayonnement au niveau européen et international.
Nous avons partagé ici, à plusieurs reprises, quelques unes des brillantes conférences que l’école met à disposition du public via sa chaîne youtube notamment, mais aujourd’hui nous voulons relayer une information qu’elle nous a fait parvenir et vous toucher une mot de son Ecole d’été.
L’École d’été internationale
« Histoire et patrimoines de la France »
Cité internationale universitaire de Paris, point de départ de la formation de l’université d’été de l’école des Chartes
‘Ecole nationale de Chartes ouvrira, en effet, dans quelques mois, ses premières classes d’été. Le programme s’étalera sur la première semaine de juillet et les sujets abordés couvriront une période qui va du moyen-âge à l’ancien régime. L’enseignement alternera visites guidées par d’éminents spécialistes, conférences et ateliers pratiques. On pourra notamment y retrouver Michel Pastoureau dont nous avons souvent parlé ici, mais aussi d’autres grands historiens et archéologues de l’école, et encore d’autres érudits venus spécialement pour l’occasion.
Le site Richelieu de la BNF au coeur des archives françaises
Les sites visités seront des lieux prestigieux de l’Histoire et du patrimoine français : le musée de Cluny, les archives françaiseset le site Richelieu de la BnF, le château de Versailles, et encore l’abbaye de Royaumont dans le Val d’Oise, véritable fleuron de l’architecture monastique cistercienne du XIIIe siècle. Il n’est pas question ici de visites ordinaires qu’on le comprenne bien. Pour ceux qui auront le privilège de suivre ce programme, il s’agit bien sûr de visites privées et d’accès à des lieux très privilégiés en compagnie d’érudits versés dans ces questions.
Nuitée et diner de gala au coeur de l’abbaye de Royaumont
Tarifs, inscription et informations pratiques
ntre excellence et prestige, ce programme d’enseignement unique, se place à tous les niveaux sous le signe de la qualité. S’il fallait comparer peut-être pourrait-on dire qu’il est un peu au patrimoine et à l’Histoire de France ce que l’opéra est à la musique, un véritable moment d’exception.
Du point de vue fonctionnel et pratique, la formation se présente comme un package qui couvre la logistique, les visites, les transports, l’hébergement, les repas et les enseignements. Ceux qui auront la chance de la suivre participeront également à un prestigieux dîner de gala donné à l’abbaye de Royaumont où ils passeront une nuitée. Durant la journée passée à Versailles, ils auront encore l’opportunité de déguster un repas gastronomique.
Eu égard à l’excellence des enseignements autant qu’au cadre général et à la qualité visée, l’Ecole propose une grille de tarifs largement positionnée, au plus près des frais engagés. Individuels, couples, étudiants ou retraités, chacun devrait y trouver sa place; l’objectif restant bien pour la prestigieuse Ecole d’ouvrir cette semaine très spéciale autour de l’Histoire et du patrimoine à tous les passionnés du sujet.
Nous vous laissons consulter l’ensemble des détails pratiques de l’inscription directement sur le site de l’ENC.
joutons encore qu’en terme de validation des acquis, la poursuite de l’enseignement de cette école d’été donnera lieu à l’obtention d’un Certificat. Dans le système d’équivalence mis en place au niveau européen ce dernier équivaudra à 1 ECTS.
Pour conclure, voici une petite vidéo de présentation
En vous souhaitant une excellente journée.
Frédéric EFFE
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Sujet : archéologie, histoire médiévale, Tintagel, château, fouilles archéologiques, roi Arthur, légendes Arthuriennes. château, royaume celte. Période : Haut Moyen Âge, Moyen Âge central. Lieu d’Intérêt : Tintagel, site archéologique d’exception, découvertes récentes Gestion du site : English Heritage
Bonjour à tous,
ujourd’hui, nous parlons un peu d’archéologie outre-manche et de Tintagel en Cornouailles, berceau des légendes Arthuriennes, mais surtout site d’exception archéologique. Nous en profitons pour aborder les les dernières découvertes en date, en examinant leurs possibles convergences avec les légendes arthuriennes.
Tintagel au Moyen Âge central
Entre presse à sensation et archéologie, le site de Tintagel est marqué du sceau indélébile de Geoffrey de Monmouth,religieux et historien anglo-normand du XIIe siècle, au service du roi Henri 1er d’Angleterrequi, dans son Historia Regum Britanniae, fit de l’endroitle lieu mythique de la naissance du Roi Arthur, enfanté par Uther Pandragon suite à un subterfuge rendu possible par l’enchanteur Merlin. Aujourd’hui, Tintagel est sans doute une des places historiques les plus visitées d’Angleterre, certainement d’ailleurs bien plus pour ses références au légendaire roi breton que pour sa réalité historique établie.
Dans les faits, le site de Tintagel héberge les ruines d’un château construit durant le Moyen Âge central et au XIIIe siècle. Sise sur un emplacement qui ne semble pas avoir « à première vue » de valeur stratégique particulière, cette forteresse n’est pourtant pas sans lien avec le Roi Arthur puisqu’on admet généralement qu’elle fut construite à cet endroit même par Richard 1er, comte de Cornouailles et frère du Roi Henri IIId’Angleterre pour mieux asseoir sa légitimité auprès des habitants de la province, en établissant l’idée d’une connexion entre sa lignée et celle du mythique souverain. C’est encore une preuve de la force des légendes arthuriennes dans l’Angleterre du Moyen Âge central.
Si la majorité des historiens contemporains conteste dans les grandes lignes, la réalité des faits du roi Arthur et de ses chevaliers, ou à tout le moins fait le constat qu’il est impossible d’en établir la véracité, au vue des documents en présence, pour les hommes de Moyen Âge, il ne faisait guère de doute que le fils de Uther Pendragon avait réellement existé et conduit nombre des exploits que les contes gallois ou les écrits de Geoffrey de Monmouth lui prêtaient.
Héritier des légendes arthuriennes
En 1225, Richard 1er de Cornouailles échangea donc avec Gervase de Tintagelses terres de Merthen contre celle de Tintagel pour y bâtir sa forteresse. Au titre des détails intéressants de l’histoire qui viennent encore renforcer ses intentions, il semble même qu’alors il fit bâtir le château dans un style architectural antérieur à celui dont il était contemporain, afin de le faire paraître plus ancien et donc finalement encore plus « Arthurien » et légitime aux yeux des populations de Cornouailles. En affichant la volonté de se situer dans l’héritage des légendes arthuriennes, le noble ne fit pas exception. Comme cité précédemment (voir article), il n’était, en effet, pas rare que les rois anglais des XIIIe et XIVe siècles se référent au légendaire héros, pour s’inscrire dans sa « lignée » ou son « esprit » comme d’autres le faisaient alors avec Charlemagne, en France. Pour que tout cela soit possible, il fallut tout de même attendre que les rois de l’île britannique « anglicisent » en quelque sorte Arthur et le « christianisent » même un peu plus, afin qu’il soit « récupérable » et « présentable ». Dans les siècles précédents le XIIIe, ce dernier incarnait, en effet, un idéal breton ou celte un peu « encombrant » pour l’élite noble anglaise. Cette dernière s’étant finalement réconciliée avec le légendaire roi de Bretagne, on se mit à revendiquer de plus en plus son héritage. De nos jours encore, l’aristocratie britannique continue quelquefois sur cette lancée, en utilisant le célèbre prénom dans le nom donné aux enfants : Prince William Arthur Philip Louis, Princes Charles Philip Arthur George.
Un château peut en cacher un autre
Pour en venir à l’archéologie sur site, la campagne de fouilles actuelle à Tintagel est conduite par l’association English Heritage depuis les années 90. Disons d’emblée que le but déclaré n’est pas – les archéologues sur place s’en défendent largement – de rechercher une quelconque corrélation entre les découvertes et les légendes arthuriennes, mais bien plutôt de mettre à jour les vestiges de bâtiments du haut Moyen Âge.
Dans les années 30, certaines fouilles avaient, en effet, permis de découvrir les traces d’édifices datant d’une période contemporaine des légendes : les Ve, VIᵉ siècles et le haut Moyen Âge. Suite à ces découvertes effectuées du début du XXe siècle, les fouilles s’étaient interrompues pour quelques décennies et, pire même, la demeure de l’archéologue qui les avait en charge ayant été détruite par des bombardements durant la deuxième guerre mondiale, les traces de ses conclusions avaient été en grande partie perdues. Quoiqu’il en soit, depuis les années 70-80, on admettait généralement que les vestiges mis à jour et les traces de bâtiments enfouis pouvaient être les restes d’une forteresse celte, et peut-être même le centre du Royaume de Dumnonia(Domnonée). A partir du IVe siècle et jusqu’au début du IXe siècle et l’invasion des saxons, cette province s’étendait de part et d’autre de la manche sur l’île britannique, mais aussi en Bretagne continentale.
« La pierre d’Arthur »
Débutée dans les années 90, la campagne de fouilles menée par l’organisme English Heritage a permis de mettre à jour une première découverte troublante dans le courant de l’année 98. Si elle ne créa pas de révolution majeure chez les archéologues, amateurs de faits avérés et peu enclins à s’échauffer rapidement, la nouvelle fit le « buzz » dans la presse anglaise. La découverte était un fragment d’ardoise plate gravée d’inscriptions. On émet l’hypothèse qu’elles furent écrites par une main gauloise et toutes ne sont pas entières mais la partie déchiffrable permet de lire : « Pater Coliavificit Artognov« . L’archéologue et historien Charles Thomas (1928-2016) de l’Université d’Exeter la traduisit ainsi : « Artognou, father of a descendant of Coll, has had this built » soit en français moderne : « Artognov (Arthnou, Arthur) père et descendant de Coll a possédé cette construction« .
La pierre a passé, avec succès, les tests de datation et on a pu ainsi la faire remonter au VIe siècle. Elle serait donc contemporaine de la période durant laquelle Arthur aurait vécu. Comme nous le disions plus haut, les historiens et archéologues ne sont jamais prompts à sauter trop rapidement sur les conclusions et se tiennent toujours dans une réserve scientifique prudente, mais certains sont tout de même plus enclins à s’enthousiasmer que d’autres. Ainsi, au moment de la découverte, quand les uns affirmaient que la seule chose que l’on puisse déduire, pour l’instant et avec certitude, de cette pierre était que le prénom « Arthur » était en usage à l’époque, mais aussi que ses inscriptions établissaient la présence d’une compétence de lecture et d’écriture en dehors du cadre religieux, le professeur et archéologue Geoffrey Wainwrightprésent sur le site se montrait, quant à lui, largement plus enthousiaste et déclarait :
« Tintagel nous a présenté la preuve de l’existence d’un prince de Cornouailles, au haut Moyen Âge (dark ages), d’un statut social élevé et qui vivait au temps où Arthur vivait. Le site nous a livré le nom d’une personne : « Arthnou ». Arthnou était ici, c’est son nom que nous retrouvons sur ce morceau de pierre. C’est tout de même assez énorme comme coïncidence, C’est là que le mythe rejoint l’histoire. C’est la découverte de toute une vie. » Geoffrey Wainwright, Arthur Stone Discovery at Tintagel
Les découvertes de 2016
En août 2016, en poursuivant les fouilles sur le site, l’équipe d’archéologues a mis à jour de nouvelles découvertes : les restes d’un mur enfoui d’un mètre d’épaisseur datée de ce même haut Moyen Âge et également de nombreux fragments de poterie et d’objets de verre qui, à l’analyse, proviennent de sites très distants : romains, anatoliens et méditerranéens notamment. L’ensemble tend à confirmer la présence sur place d’une installation de taille, peut-être même d’une forteresse « royale » qui aurait pu être, comme on le pensait depuis quelque temps déjà, le centre de la Domnonée.
De manière certaine, en tout cas, le site était le lieu de vie d’une élite, abritée derrière de hauts et solides murs de pierre dans un complexe élaboré, tant au niveau architectural que défensif. L’endroit était aussi, à l’évidence, le centre d’une forte activité commerciale. Les experts de cette période et de ce peuple celte brittonique de Domnonée avancent que ces derniers échangeaient très certainement de l’étain, et peut-être même encore des esclaves et des chiens de chasse contre ces produits élaborés d’origine lointaine et méditerranéenne (vin, huile d’olive, etc…). Plus d’informations sur la Domnonée ici ( en anglais).
Corrélations arthuriennes ?
Et Arthur dans tout ça, me direz-vous ? Et bien les bâtiments sont, encore une fois, contemporains du siècle où la légende situe le roi breton mais les archéologues restent, là encore, prudents. Si certains y cèdent volontiers, il semble tout de même que l’ensemble de la corporation voit la poursuite des légendes arthuriennes plus proche d’un film de Stephen Spielberg que d’un travail sérieux de recherche de terrain. Arthur n’est donc pas devenu leur Graal et ils se défendent, au moins officiellement, d’en poursuivre la chimère. Ils préfèrent donc se focaliser sur les informations cruciales que promettent, quoiqu’il en soit, d’apporter les fouilles de Tintagel dans les années à venir sur l’Angleterre du haut moyen âge, et sur cette période encore peu connue de son histoire qui fait suite à la chute de l’empire romain. Ajoutons que ces dernières trouvailles archéologiques ont fait de Tintagel, un site d’exception et sans doute même, l’un des plus importants d’Europe de l’ouest, sur la période du haut Moyen Âge.
Bien sûr, du côté des amateurs du mythe d’Arthur et ses preux chevaliers, chaque découverte allant dans le sens de la légende est toujours un enchantement et ces dernières trouvailles risquent de garantir encore pour longtemps la haute fréquentation du site de Tintagel.
En vous souhaitant une très belle journée.
Fred
Pour moyenagepassion.com A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes.