Sujet : poésies, ballade médiévale, poésie morale, moyen français, Moyen Âge chrétien Période : Moyen Âge tardif, XVe siècle Auteur : Anonyme Ouvrage : « La Danse aux Aveugles et autres poésies du XVe siècle, extraites de la bibliothèque des Ducs de Bourgogne » (édition de 1748 chez André Joseph Panckoucke Libraire)
Bonjour à tous,
u milieu du XVIIIe siècle, Lambert Douxfils (1708-1753), bibliophile belge, décide de compiler dans un ouvrage d’un peu moins de 400 pages, un certain nombre de pièces littéraires du XVe siècle. Il les recopie depuis un manuscrit (ou peut-être plusieurs) de la Bibliothèque des ducs de Bourgogne sans en donner les références précises. En 1748, on trouvera l’ouvrage édité chez André Joseph Panckoucke, libraire à Lille.
Une compilation de textes du XVe siècle
Les premières pages de cette compilation sont tirées, en partie, de l’œuvre de Pierre Michault. On y trouve notamment sa « Dance aux aveugles« , ainsi que d’autres complaintes dont certaines, on le découvrira plus tard, sont, en réalité, attribuées par erreur à ce poète médiéval. Suite à cela, on trouvera encore d’autres pièces signées dont Le testament de Maistre Pierre de Nesson ou le Miroir aux dames de Phlippe Bouton.
La seconde partie de l’ouvrage réunit d’autres poésies assez courtes profanes ou religieuses et on y trouvera encore des ballades dont les auteurs sont demeurés anonymes. Nous avons déjà publié quelques-uns de ces textes ici (voir ballade sur les maximes de cour ou quatrain sur l’homme de raison contre l’homme de cour) et, aujourd’hui, nous vous en proposons un nouveau. Il s’agit d’une ballade de faction plutôt modeste. Si elle n’est pas entrée dans la postérité, elle possède tout de même de belles qualités. Elle est intitulée « Reflections du pécheur« .
Une ballade médiévale auto-critique
La ballade du jour met en scène les pensées auto-critiques d’un poète médiéval face à une distance : celle entre la réalité de ses actes et ce que devrait lui dicter la foi et la morale chrétienne. N’ayant rien à apprendre des écritures, des principes, ni même des conditions du salut de l’âme, il se déclarera, pourtant, impuissant à s’y conformer dans les faits. Et le refrain de cette ballade viendra scander son constat presque fataliste : « Et s’y n’amende point ma vie. » Autrement dit, je sais tout cela « et pourtant je m’amende pas ma vie : je ne corrige pas ma conduite, je ne l’améliore pas« .
La question du salut au Moyen Âge
Pour qui aurait peut-être pu penser qu’aucun recul n’était permis, ni ne pouvait-être exprimé entre religion et pratique au Moyen Âge, on trouvera, ici, matière à nuancer. De fait, ce questionnement est aussi médiéval que l’est la prégnance de la religion chrétienne. Si chacun s’interroge autour de la juste pratique et du salut en regard des écritures, on n’hésite pas non plus à railler et à se rire des écarts, en particulier quand ils proviennent de ceux censés donner l’exemple ; ainsi, les fabliaux du Moyen Âge central se régaleront de ces distorsions au sujet des moines, des prêtres ou du personnel ecclésiastique, et on en trouvera même des traces plus tardives chez des auteurs du Moyen Âge tardif ou pré-renaissants comme Clément Marot ou Melin de Saint-Gelais.
Du point de vue des sources anciennes de cette poésie, en dehors de l’édition de 1748, on trouve dans Le Moyen âge : bulletin mensuel d’histoire et de philologie (H. Champion Paris, 1926) l’hypothèse que cette ballade pourrait provenir originellement d’un certain « Manuscrit de Saint-Bertin« .
Préceptes religieux, idéal & actualisation
L’usage du « Je » dans cette ballade est-il le fait d’un poète parlant de lui à la première personne ou s’agit-il d’une façon pour l’auteur de désigner un pécheur « archétypal » ? La poésie prendrait alors une dimension plus pédagogique. De notre côté, nous penchons pour un « Je » au premier degré, en pensant même que cette franchise plutôt spontanée et touchante fait tout le charme de cette ballade.
Au delà de sa dimension historique, l’auto-critique dont se fend cet auteur médiéval pourrait paraître assez intemporelle, voire universelle, sur le plan de la conscience religieuse ; quel que soit le chemin dogmatique emprunté, tout croyant un tant soit peu pratiquant, fait, en effet, rarement l’économie d’un tel questionnement ou d’une telle « tension » entre préceptes et exigences dogmatiques, d’un côté, et actualisation effective de cet idéal, de l’autre. Bien sûr, les degrés d’implication peuvent varier mais pour autant qu’il aspire à une certaine forme de réalisation, l’intéressé finit souvent face à son propre miroir à mesurer cette distance.
Moyen Âge occidental oblige, l’idéal inatteignable est ici le « Dieu mort en croix » (le Christ). En d’autres temps, lieux ou circonstances, cela pourrait être un saint, un ermite, un mystique, un moine, un éveillé,… Finalement l’être « réalisé », le Saint en religion, comme le Sage en morale ou en philosophie, est toujours celui capable de mettre en conformité ce qu’il sait « juste » et l’actualisation de cette conscience dans la moindre de ses actions, ou encore, dans la même continuité, ses paroles (ou ses prêches) et ses actes.
Reflections du Pescheur, ballade médiévale anonyme du XVe s
Je congnois que Dieu m’a fourmé Apres sa tres digne semblance , Je congnois que Dieu m’a donné Ame, sens, vie, & congnoissance ; Je congnois qu’a juste balance Selon mon fait jugié seray ; Je congnois moults mais je ne say Congnoistre dont vient la folie : Car je congnois que je morray, Et sy n’amende point ma vie.
Je congnois que m’avoit dampné Adam par desobeissance ; Je congnois que par sa bonté Dieu en print sur luy la vengeance; Je congnois qu’au fer de la lance En voult de la mort faire essay, Je congnois que ne l’y feray De ce rendre la courtoisie ; Qui m’a fait des graces que j’ay ; Et sy n’amende point ma vie.
Je congnois en quel povreté Ving sur terre & nasqui d’enfance; Je congnois que Dieu m’a presté Tant de biens en grant habondance; Je congnois qu’avoir, ne chevance Avecques moy n’emporteray, Je congnois que tant plus aray, Plus dolent morray la moittié ; Je congnois tout cecy au vray , Et sy n’amende point ma vie.
Je congnois que j’ay ja passé Grant part de mes jours sans doubtance ; Je congnois que j’ay amassé Pechiés & peu fait de penance (pénitence); Je congnois que par ignorance Escuser je ne m’en pouray ; Je congnois que trop tard venray , Quant l’ame sera departie (séparée du corps), A dire je m’amenderay ; Et sy n’amende point ma vie.
Prince je suis en grant emay De moy qui les aultres chastie; Car je mesmes tout le pis fay. Et sy n’amende point ma vie.
En vous souhaitant une Belle journée.
Fred Pour moyenagepassion.com A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes
NB : l’image d’en-tête (la même que celle ayant servi à l’illustration) est tirée du tableau LesSept Péchés capitaux et les Quatre Dernières Étapes humaines, de Jérôme Bosch (autour de 1500), Musée del Prado, Madrid, Espagne.
Sujet : poésie satirique, morale, poésie médiévale, poète breton, devoirs des princes, miroirs des princes, poésie politique, auteur médiéval. Période : Moyen Âge tardif, XVe siècle Auteur : Jean (Jehan) Meschinot (1420 – 1491) Manuscrit ancien : MS français 24314 BnF Ouvrage : Les lunettes des Princes par Olivier de Gourcuff, Société des Bibliophiles bretons (1891).
Bonjour à tous,
ous avons déjà partagé ici quelques extraits des Lunettes des Princes de Jehan Meschinot. Au XVe siècle, cet ouvrage versifié du poète breton se présente comme un véritable miroir des princes, soit un manuel sur les devoirs politiques des puissants et à leur usage.
Aujourd’hui, nous avons décidé de vous faire découvrir un nouvel extrait de ce texte médiéval. Il est un peu plus long que le précédent mais il est si riche que nous ne nous sommes pas résolus à le couper. Loin de la vision d’un pouvoir inconditionnel et arbitraire souvent mise en avant au sujet de l’exercice politique au Moyen Âge, on découvrira, sous la plume de l’auteur médiéval, une conception bien plus exigeante et équilibrée .
Principe d’égalité et obligations politiques
Dans cet extrait, qu’on pourrait juger d’une grande modernité, on verra à quel point Meschinot adresse, sans ménagement, les obligations du pouvoir central envers son peuple et la nécessité impérieuse de les respecter. Sans concession, ni condescendance, il se dressera aussi à la hauteur des princes et des rois, en jetant clairement les bases d’une égalité entre gens du simple et puissants.
Cette revendication prendra appui sur plusieurs constats : égalité dans la matière dont nous sommes tous faits, égalité devant la nature temporelle et évanescente de nos existences, égalité encore devant la vacuité du superflu et de l’avoir. La quantité de biens et de possessions ne modifient pas la donne ; la prévalence du spirituel et la nécessité d’un certain détachement du monde matériel sont en filigrane. Dans la même continuité, la voie moyenne ou la « médiocrité dorée » chère à Eustache Deschamps, ne sont pas très loin. Elles résonnent entre les vers de l’auteur breton : « Ung cheval suffist à la fois au roy, une robe, ung hostel ».
Mauvais conseillers, princes abusifs, une condamnation sans appel des corrompus
Sans surprise, chez Meschinot, le fond de cette égalité entre les hommes (que nous crions encore si fort aujourd’hui et qui est inscrite dans nos Droits fondamentaux) est, bien sûr, résolument chrétien. C’est dans ces valeurs qu’elle s’enracine. Plus loin, il l’énoncera d’ailleurs clairement : si Dieu a voulu séparer les petits des grands ce n’est pas pour conférer quelque supériorité à ces derniers et encore moins pour leurs profits, mais plutôt pour leur confier l’immense responsabilité de maintenir justice et raison. On trouvera encore cette idée que ce sont l’action, la morale et la capacité à faire le bien qui définissent la « valeur » humaine, pas le statut.
Hélas, contre la volonté divine et par la nature des hommes :« Bien souvent tout ne va pas droit ». Conseillers abusifs, princes complaisants ou complices, aux dérives du pouvoir trop fréquemment constatées, notre poète opposera la condamnation sans appel de toutes formes de corruption. Point de salut pour les contrevenants, ils seront voués à la honte et la damnation. On le voit, l’attente d’un pouvoir politique probe, juste et qui soit un véritable modèle d’exemplarité, si souvent désespérément ressassée, elle aussi, dans notre modernité, ne date pas d’aujourd’hui. Elle s’exprimera pleinement ici, chez l’auteur médiéval.
« Aymer sa nation » pour gouverner
Au passage, nous sommes au Moyen Âge mais on retrouvera également, dans ces vers, l’idée de « nation » qui n’est pas née, elle non plus, au XIXe siècle (voir à ce sujet la conférence sur la France et les Français de Philippe Contamine). Le poète médiéval nous expliquera même que pour exercer correctement son devoir politique et ne pas se laisser aller aux vents de toutes les corruptions : « On doyt aymer sa nation ». Là encore, c’est une idée qu’on a vu souvent remise au centre des débats dans les commentaires d’actualité récents sur l’action politique et, dans un contexte croissant d’opposition entre souverainistes d’un côté, et européistes, progressistes ou mondialistes de l’autre.
Pour conclure cette courte analyse, on ne manquera pas de noter la grande richesse stylistique de Meschinot. On retrouve chez lui cette façon de jouer savamment avec les mots et les rimes, propre aux rhétoriciens dont il était particulièrement virtuose.
Les lunettes de Princes (extrait) Dans le moyen-français de Jehan Meschinot
Or visons l’entrée et la fin De l’empereur et d’ung porchier. L’ung n’est pas composé d’or fin, L’autre de ce qu’a le porc chier. Tous deux sont, pour au vray toucher, D’une mes me matiere faictz.
On congnoist les bons aux biens faitz. Se j’ay maison pour ma demeure, Bon lict, cheval, vivre, vesture, Le roy n’a vaillant une mure Enplus que moy selon nature. On luy faict honneur, c’est droicture ; Mais il meurt sans emporter rien. Peu vault le tresor terrien.
Ung cheval suffist à la fois Au roy, une robe, ung hostel; S’il menge et s’il boyt, je le fais Aussi bien que luy, j’ay los tel. La mort me prent, il est mortel. Je vais devant, il vient aprés. Nous sommes egaulx à peu près.
A cent ans d’icy je m’attens Estre aussi riche que le roy. J’attendray, ce n’est pas long temps : Lors serons de pareil arroy. Se je seuffre quelque desroy, Entre deulx il fault endurer. Malheur ne peut tousjours durer.
Quant au corps, gueres d’avantage Ne voy d’ung prince aux plus petis. Des aulcuns s’en vont devant aage A la mort, povres et chetifz; Aultres suyvent leurs apetis Pour aucun temps, et puis se meurent. Nos oeuvres sans plus nous demeurent.
Au milieu gist la difference, Car ès deux boutz n’y en a point. Le gran du petit differe en ce, Car Dieu l’a voulu en ce point Ordonner, pour tenir en point Justice, paix, equité, droit. Bien souvent tout ne va pas droit.
S’ung prince a conseil qui l’abuse, Et ne scet ou veult y pourveoir, C’est ung poulcin prins à la buse Qu’on ne peut secourir, pourveoir. L’entendement est faict pour veoir Et discerner vertus de vice. Profès ne doit sembler novisse.
Conseiller qu’on nomme preudhome Se trop à soy enrichir tend, Tost est corrompu, car prou done, Et peu au bien publicque entend. Mais sçavez vous qu’il en attend Enfin honte et dampnation? On doyt aymer sa nation.
Le prince est gouverneur et chief Des membres de corps pollitique; Ce seroit bien dolent meschief S’il devenoit paraliticque, Ou voulsist tenir voye oblicque A l’estat pourquoy il est faict. Tout se pert, fors que le bien faict.
Seigneurs, pas n’estes d’autre aloy Que le povre peuple commun. Faictes vous subjectz à la loy, Car certes vous mourrez comme ung Des plus petis, ne bien aulcun Pour vray ne vous en gardera. Chascun son ame à garder a.
Mais quant ung prince fait devoir D’ouvrer en sa vacauation, Selon sa puissance et sçavoir, Laissant toute vacauation Et mauvaise appliccation, On ne le peult trop konnorer. Le prince est fait pour labourer
Nompas du labour corporel, Ainsi que les gens de villaige, Mais gouvernant son temporel Loyaulment, sans aulcun pillaige. Avoir ne doibt le cueur vollaige, Soit attrempé, nect, chaste et sobre. La fin des pecheurs est opprobre.
Se pape, empereur, roys et ducz Aymoient bonté en tous endroitz, Telz ont esté et sont perdus Par non tenir les chemins drois Qui congnoistroient vertus et drois En prenant à eulx exemplaire. Plus doit que folie sens plaire.
NB : sur l’image d’en-tête, vous trouverez à gauche le feuillet du manuscrit 24314 où commence cet extrait (datation de l’ouvrage, courant XVe siècle). Sur la droite, il s’agit de la même page, sur une édition de 1527 des Lunettes des Princes par Nicole Vostre. Les deux manuscrits sont en ligne sur Gallica.fr
En vous souhaitant une très belle journée.
Frédéric EFFE Pour moyenagepassion.com A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes
Sujet : poésie médiévale, ballade, auteur médiéval, poésie satirique, moyen-français. Période : Moyen Âge tardif, XVe siècle Auteur : Jean Meschinot (1420 – 1491) Manuscrit ancien : Manuscrit MS Fr 24314 BnF, œuvres de Jehan Meschinot, Arsenal Reserve 8-BL-11038 (Ed 1522). Ouvrage : Jean Meschinot, sa vie et ses œuvres, ses satires contre Louis XI, Arthur Lemoyne de La Borderie (1895), Bibliothèque de l’école des Chartes, T56.
Bonjour à tous,
oilà longtemps que nous n’étions revenu à la poésie de Jean Meschinot. Ce noble auteur breton du Moyen Âge tardif ne s’est pas signalé que par sa grande maîtrise rhétorique et stylistique, il a aussi brillé par ses poésies satiriques et critiques à l’égard des princes.
On se souvient qu’il a même égratigné Louis XI au moyen de ballades particulièrement vitriolées, en usant, pour leur envoi, d’emprunts à la poésie du flamand et grand favori de la cour de Bourgogne, Georges Chastelain (1415-1475). Aujourd’hui, nous retrouvons notre poète et écuyer du duché de Bretagne dans un exercice plus général sur les maux de son temps.
Une ballade contre les misères du siècle
Faut-il voir, dans cette poésie de Meschinot, un retour de l’éternel « C’était mieux avant » qui ne cesse de traverser les temps et qu’on retrouve, au Moyen Âge, sous la plume de nombreux auteurs ? Peut-être. Valeurs en perdition, espoir en jachère, notre auteur médiéval s’y montre, en tout cas, au désespoir. Point ne voit luire de lumière alentour, pas d’avantage que ne trouve de semblables en lesquels fonder quelque espérance. En évitant l’écueil des rapprochements simplistes, chacun pourra s’amuser (ou pas) à tracer des ponts entre les temps passés et présents.
Eléments de contexte
D’un point de vue plus historique, pour le chartiste et historien breton Arthur Lemoyne de La Borderie (1827-1901) (op cité), cette ballade, probablement tardive dans la carrière de Meschinot, aurait pu être écrite autour de 1485. Selon lui, elle pourrait même évoquer la chute de Pierre Landais et les divisions qui s’ensuivirent en Bretagne. Rien ne nous permettant de confirmer cette hypothèse, elle sera laissée à l’appréciation du lecteur.
Contexte historique précis à l’origine de cette poésie ou non, elle reste, bien sûr, sous le signe de valeurs morales et médiévales ouvertement chrétiennes et c’est, en grande partie, à la déliquescence de ces dernières que le gentilhomme breton adresse sa complainte. A près de deux siècles de L’Estat du Monde de Rutebeuf, on pourrait y trouver quelques résonnances même si, sur l’ensemble de l’exercice, le propos est un peu plus ciblé et délayé chez le trouvère parisien qu’il ne l’est, ici, chez Meschinot.
« Por ce que li mondes se change Plus sovent que denier à change, Rimer vueil du monde divers : Toz fu estés, or est yvers ; Bon fu, or est d’autre maniere, Quar nule gent n’est més maniere De l’autrui porfit porchacier, Se son preu n’i cuide chacier. » Rutebeuf – L’Estat du Monde
Aux sources manuscrites de cette poésie
On peut retrouver cette ballade médiévale dans un certain nombre d’éditions anciennes des œuvres de Meschinot datées du XVe siècle ou des siècles ultérieurs. On citera, notamment, le très beau et coloré manuscrit MS Français 24314 de la BnF dont nous avons extrait l’illustration de l’image en tête d’article. Ci-dessous, vous trouverez cette poésie dans une édition plus sobre de Nicole Vostre (datée de 1522) ayant pour titre : Les lunettes des princes avec auscunes balades & additions nouvellement composees par noble homme Jehan Meschinot, escuier, en son vivant grant maistre d’hostel de la Royne de France (à consulter en ligne ici).
Du point de vue de la langue, le moyen-français de Jehan ne fait guère de difficultés aussi quelques clefs de vocabulaire seront suffisantes pour l’éclairer.
C’est grant pitié des misères du monde Une ballade de Jehan Meschinot
Foy aujourd’hui est trop petit prisée, Espérance a nom de presumption, Charité, las ! par envie est brisée. Prudence fait grant lamentation, Justice n’a plus domination, Force se plaint du temps qui present court, Temperance s’eslongne de la court. Vertus s’enfuient, péché partout abonde : C’est grant pitié des misères du monde !
Humilité est toute desguisée (feinte,trompeuse), Amour languit en extrême unction, Largesse dit qu’elle est moult desprisée, Patience a grant desolation. Sobriété voit sa destruction, Chasteté croit que tout mal lui accourt; Diligence n’a plus qui la secourt, Entendement vit en douleur profonde : C’est grant pitié des misères du monde !
Sapience (sagesse) est en tous lieux refusée, Crainte de Dieu n’a plus de mansion (domicile, demeure), Conseil est mal en place divisée ; Science dort, il n’en est mention ; Pitié n’a lieu en ceste nation. Baptesme dit qu’heresie se sourt (se répandre), Honneur se voit habillé comme lourd, Mariage est souillé et tout immonde : C’est grant pitié des misères du monde !
Prince puissant, pour le vous faire court, Perdus sommes se Dieu ne nous ressourt (tire d’affaire) . Homme ne voy en qui bonté se fonde : C’est grant pitié des misères du monde !
Une excellente journée
Frédéric EFFE Pour moyenagepassion.com A la découverte du monde médiéval sous toutes ses formes
Sujet : médiéviste, histoire médiévale, mentalités médiévales, Moyen Âge chrétien, église médiévale, statut de la femme, féminisme. Période : haut Moyen Âge, Moyen Âge central & XIXe siècle Auteur : Régine Pernoud Média : entretien avec Radio Canada (1982)
Bonjour à tous,
assée un peu inaperçu à en juger les vues actuelles, cette archive de Radio Canada, postée en mars dernier sur youtube est intéressante à bien des points de vues. En 1982, bottant en touche un grand nombre d’idées reçues sur la femme dans la société occidentale médiévale, cet entretien filmé donnait, en effet, la parole à l’historienne Régine Pernoud sur ses travaux et ses ouvrages, notamment : La femme au temps des cathédrales (1980), Pour en finir avec le Moyen Âge (1977) et Histoire de la bourgeoisie en France (1960 et 1963).
Comme on le verra, on n’est loin ici d’une revisite caricaturale habituelle qui voudrait faire de la femme, dans le monde médiéval, voire même depuis la nuit des temps, un « sous-être » brimé et jamais tout à fait à sa pleine mesure dans le social, une victime permanente sans pouvoir, sans autre statut que celle d’être un ventre et sans autre prise sur le monde que celle que les hommes auraient bien voulu lui concéder dans leur magnanimité. Et bien rassurons nous, rien de cela ici et il faut le saluer. Aussi, approchez, approchez gentes dames et damoiselles, venez entendre la bonne nouvelle ! Si, vous étiez de celles qui s’étaient laissées convaincre par la vision d’un monde désespérément égal, depuis la préhistoire et dans lequel la femme avait été vouée à être confisquée de tout et à toujours baisser l’échine, sans doute reprendrez-vous ici un peu de goût pour ce Moyen Âge (bien plus éclairé qu’on le dit), et dont Régine Pernoud vous montrera qu’il ne vous avait pas laissé à sa porte.
La femme dans le monde médiéval et féodal
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La femme au temps des cathédrales
Au cours de cet échange filmé, la grande médiéviste revisitait des idées reçues qui touchent le statut et l’histoire de la femme, des premiers siècles au Moyen Âge central, avec une apogée qu’elle situera au XIIe et XIIIe siècles. Dans les siècles suivants, du XIVe s au XVe, elle montrera que le pouvoir politique détenu par la femme dans la société médiévale féodale, semble s’être peu à peu effritée même si, selon elle, c’est véritablement à partir de la renaissance que la tendance se confirmera.
On se souvient que dans le courant du XVIe siècle, on a voulu renouer avec l’antiquité, en tirant un trait sur un monde médiéval réduit alors, à une parenthèse obscurantiste ; du même coup, en faisant la promotion d’une certaine exemplarité des sociétés antiques (leurs codes, leurs droits et leur littérature), on aurait commencé à promouvoir aussi une vision plus archaïque des rapports homme-femme. Toujours selon la thèse de Régine Pernoud, cette orientation ne fera que se confirmer à travers le temps, pour se concrétiser, de manière encore plus tranchée, trois siècles plus tard, au XIXe siècle, sous l’empire et dans le Code napoléon (1804). Reine du contrepied, la médiéviste ira même jusqu’à retourner l’habituelle vision entre « ombres médiévales » et « lumières renaissantes » pour affirmer voir clairement, de son côté, un certain obscurantisme dans la renaissance : en allant chercher systématiquement toutes les références dans l’antiquité, on finira par étouffer la création et la liberté qu’avait connu l’art médiéval pour consacrer une imitation systématique des anciens, condamnant chaque nouvelle œuvre à paraître à la précédente.
Classe bourgeoise & milieux urbains
Pour expliquer le changement progressif du statut de la femme du Moyen Âge tardif au XIXe s, Régine Pernoud établit des corrélations directes entre diminution du pouvoir politique féminin, montée des classes bourgeoises et main mise progressive de ces dernières sur les nouveaux foyers de population que deviennent les villes aux XIIe et XIIIe siècles. Nous reprenons ici des larges parties de cet entretien :
— » …Par des textes irréfutables, …, qui ont eu une influence sur la vie des français, je découvrais, peu à peu, que plus ce bourgeois que j’avais vu naître au XIe siècle, s’affirmait, prenait de l’importance, ajoutait au pouvoir économique un pouvoir administratif très grand parce qu’il devenait fonctionnaire et puis que, au XIXe siècle, il avait finalement acquis le pouvoir politique. Et bien parallèlement à cette montée, il y avait le déclin de la femme. La femme cessait d’exister.
(…) C’est une chose curieuse que de penser que dans ces cités médiévales nées aux XIIe et XIIIe siècles, qui se gouvernent elles-mêmes, qui élisent leurs représentants, les femmes votent mais personnellement je n’ai jamais trouvé, (peut-être que quelqu’un en trouvera, mais en tout cas moi, je n’ai jamais trouvé) de femmes qui aient été échevin ou maire ou recteur ou consul, enfin qui est une dignité quelconque dans la vie de la cité, là où règnent les bourgeois. Tout de même ça pose un point d’interrogation.
(…) On constate que la femme a beaucoup moins d’importance, en somme, dans un régime urbain, celui qu’a instauré le bourgeois, celui qui est le propre du bourgeois, là où il vit, là où il se sent vivre que dans la vie rurale. Dans la vie rurale, il y a beaucoup de très petites suzeraines. Quand on parle des seigneurs, on imagine toujours des gens qui ont un immense domaine, mais beaucoup de dames qui avaient des droits équivalents aux seigneurs avaient des domaines qui pouvaient être très étendus mais qui pouvaient être aussi très restreints. On connait des domaines seigneuriaux qui couvrent quelque chose comme 6 hectares. C’est très peu… Mais n’empêche qu’ils avaient des droits seigneuriaux sur ces domaines et que des femmes pouvaient avoir exactement les mêmes droits sur ces domaines.«
Une confiscation progressive
En revenant sur cette grille de lecture de classes, on essayera de se souvenir que les alliances nobiliaires du Moyen Âge et les Dames qu’on épouse ou qui épousent sont des femmes de pouvoir. Si les deux époux n’ont pas toujours voix au chapitre sur ces arrangements bien souvent parentaux, ce sont aussi les titres et possessions détenus par les uns et les autres que l’on s’allie stratégiquement. Autrement dit, si la classe nobiliaire perpétue à travers ses alliances le maintien ou l’extension de son pouvoir, il faut bien que ces pouvoirs, ces titres et ces possessions aient existé réellement, soient grands et soient fondés du côté des hommes comme des femmes.
Sur ces notions de pouvoir des femmes de classes nobles, quand on s’approche du sommet du pouvoir, on pensera encore à de grandes régentes comme Blanche de Castille en France ou María de Molina en Espagne, et à leur rôle majeur sur l’histoire et le devenir des couronnes. Dans le même sens et plongeant du côté du haut Moyen Âge, on pourra reconsulter utilement la conférence donnée par Michel Rouche à l’Ecole Nationale des Chartes, en hommage à René Girard sur Violence et structures archaïques au Moyen Âge. On y trouvera de nombreux exemples du très grand pouvoir des reines, en Europe, dans les siècles suivants la chute de l’empire romain.
Pour reprendre le fil de cet entretien et concernant le glissement vers une confiscation progressive du pouvoir politique des femmes (nobles et bourgeoises), là encore, nous laissons la parole au journaliste et à Régine Pernoud sur un passage clé :
—En somme, si je comprends bien, la question ne serait pas « Comment en finir avec le Moyen Âge ? » mais « comment en finir avec le XIXe siècle ? »
—Oui ou avec tout l’ensemble de ce qui s’est imposé avec je dirais un pouvoir impérial sans réplique au XIXe siècle… C’est exactement en 1593 que le parlement, repère de bourgeois comme l’Université, prend un arrêt qui interdit à la femme toute fonction dans l’Etat. Et dès ce moment là, il y a eu une évolution, depuis le moment où Philippe Le Bel prend la première mesure antiféministe. En 1314 presque sur son lit de mort, il déclare que les femmes seront écartées de la succession au trône. Première mesure antiféministe, ça n’existait pas jusqu’au début du XIVe siècle, jusqu’au moment ou le parlement interdit toute fonction dans l’Etat, ce qui prouve d’ailleurs qu’elle pouvait avoir une fonction dans l’Etat jusque là. »
Le rôle positif de l’Eglise médiévale sur les relations homme femme
A l’occasion de cet interview, Régine Pernoud remettra aussi quelques vérités à leur place sur le rôle de l’Eglise médiévale dans la promotion d’une certaine égalité homme femme. Sur l’argument du mariage arrangé et forcé des jeunes gens (pas ceux des classes rurales ou « roturières », mais principalement ceux des classes nobles, pour les raisons de pouvoir évoquées) l’historienne relèvera que c’est l’Eglise qui, la première, a lutté contre le consentement obligatoire des parents à partir du VIIIe siècle. Et quand soulevant les croisades, la classique légende noire de l’inquisition et oubliant bizarrement la fameuse terre plate, l’interviewer s’étonnera de la voir s’avancer en faveur de l’Eglise médiévale, l’historienne prendra, là encore, un contre pied, en s’élevant contre les habituels préjugés d’obscurantisme et un certain nombre d’idées fausses à ce sujet.
— « … Mais revenons à l’Eglise, force de libération. Qui est-ce qui a fait disparaître l’esclavage tout de même ? Et qui est-ce qui a imposé, justement et fait entrer dans les mœurs peu à peu, l’égalité de l’homme et de la femme, si ce n’est pas l’Eglise. … C’est je dois dire personnellement, une sorte de découverte que j’ai faite. J’ai travaillé l’histoire de l’Eglise, si vous voulez, en remontant, parce que j’étais étonné de voir cet extraordinaire pouvoir attribué à la femme au XIIe siècle, sous la France féodale et l’Angleterre et les autres pays d’Occident. Alors j’ai tâché de remonter le cours du temps et qu’est-ce qu’on trouve ? On trouve l’influence de l’Eglise, notamment dans cette question du mariage, dès le début. Dans l’égalité de la femme, quand on voit le rôle de la femme dès les débuts de l’Eglise, c’est extraordinaire. Cela demanderait à être étudié dans le détail et mis un peu en valeur. Quelles sont les premières personnes que les églises mettent sur les autels si ce ne sont pas des femmes ? Comptez le nombre d’hommes qui sont déclarés Saints pendant les trois premiers siècles et le nombre de femmes, vous serez stupéfait.
—On vous dira justement que l’Eglise a porté les femmes sur les autels pour mieux les immobiliser, pour mieux les aliéner.
— (…) On dit « au XIIe siècle, on avait le culte de la femme mais c’était précisément pour mieux l’aliéner. » Bien, moi je veux bien être une femme aliénée si je suis reine couronnée ayant une chancellerie, des moyens d’exécution et le même pouvoir que le roi. Si c’est cela que vous appelez aliénation, vivement l’aliénation pour toutes les femmes ! C’est à dire qu’elle est absolument sur le même pied que l’homme.
—Oui mais là vous parlez d’un pouvoir politique ?
—Oui, mais c’est important le pouvoir politique. Vous savez depuis quand on a reconquis le pouvoir politique ? 1947… C’est le général De Gaule qui nous l’a donné avec le droit de vote.
— Mais il n’y a pas que la vie politique, il y a aussi, les aspects dont on parle beaucoup actuellement, de la vie affective, la vie sexuelle de la femme ? Est-ce que la femme, à ce moment là, n’était pas simplement perçue comme une marchandise d’échanges ?
—C’est justement contre quoi l’Eglise s’est élevée et les obligations de l’Eglise ont été proclamées aussi bien pour les hommes que pour les femmes parce que c’est l’Evangile. Qui est-ce qui, pour la première fois dans l’Histoire, met l’homme et la femme exactement sur le même pied dans le mariage ? C’est le Christ. C’est dans les trois synoptiques et ça a scandalisé les apôtres, d’ailleurs. Ils ont dit « si c’est comme ça autant ne pas se marier ». Ils n’en ont pas voulu, ils ont trouvé que le Christ allait trop loin ou trop fort et, en effet, dans leur civilisation, il y allait fort. Et ça on l’a compris et, surtout, on ne l’a vécu que, peu à peu, mais ça a été vécu merveilleusement, justement au cours des premiers siècles de l’Eglise. Et puis ça a été, peu à peu, instauré dans les mœurs, facilité, d’ailleurs, dans nos pays – en France, en Irlande, en Espagne – par l’influence de la société celtique qui se retrouvait un peu elle-même. Car, chez les celtes, je ne dirais pas que la femme était à égalité avec l’homme, non je ne crois pas qu’on puisse le dire d’aucune civilisation, en dehors de la civilisation chrétienne, mais du moins était-elle étroitement associée à l’homme et prenait-elle part à ses activités. Et ça, ça scandalisait beaucoup les écrivains romains. Et comme lors de l’effondrement de l’empire romain, au Ve siècle, la civilisation celtique reprend un peu ses droits en France, en Espagne, même en Italie, dans le domaines des Iles d’Irlande et Britannique, peu à peu on voit cette liberté et cette égalité qu’instauraient l’Eglise prendre chez nous très naturellement.«
La famille dans le monde médiéval
Pour conclure, cet entretien qui remet bien des pendules à l’heure, on y trouvera encore des affirmations clés sur l’importance de la famille comme base solide, autant que facteur d’émancipation individuelle dans les sociétés médiévales. Nous sommes en 1982 mais Régine Pernoud constate déjà les mauvais traitements que l’on fait subir à cette cellule fondamentale qui fut à la base de notre société pendant des centaines, sinon des milliers d’années. Depuis cette entretien, on a, du reste, continué méthodiquement de s’évertuer à la dénigrer et la détruire.
Contre une nouvelle idée reçue, l’historienne nous expliquera qu’il faut que la famille soit forte pour que les individus soient vraiment libres ; si l’homme médiéval voyage autant, c’est qu’il est aussi certain de pouvoir revenir vers ce havre solide. La médiéviste nous rappellera, au passage, qu’au Moyen Âge la gente masculine est majeure à 14 ans et la gente féminine à 12 ans. C’est Henri III, à la fin du XVIe siècle qui changera la donne brusquement en fixant la majorité à 25 ans. Il faudra attendre 1792 pour que cette dernière soit ramenée à 21 ans pour tout le monde, puis, sous le code Napoléon, à 21 ans pour les femmes et 25 ans pour les hommes. Enfin, les débuts du XXe siècle verront cette majorité à nouveau établie à 21 ans pour tous et ce n’est qu’en 1974 qu’elle sera ramenée à 18 ans pour filles et garçons.
Trouver les ouvrages de Régine de Pernoud
Voici des liens vers les ouvrages de Régine Pernoud utilisés en référence, à l’occasion de cet entretien.
Pour qui s’intéresse honnêtement au Moyen Âge et aux faits historiques, la place faite à la femme dans la société médiévale se tient loin des préjugés habituels et des visions erronées encore trop souvent mises en exergue. Quand les informations sont absentes, on les invente ou on les contrefait, et quand elles ne sont pas simplement fausses, on vient en exploiter d’autres avec cette fâcheuse manie qui sévit, de plus en plus, de revisiter l’histoire, hors contexte, au goût des aspirations du jour et toujours, bien sûr, au désavantage de cette dernière.
De nos jours, dans la lignée de Régine Pernoud, certaines historiennes et intellectuelles œuvrent heureusement, avec beaucoup de sérieux, à une vision réaliste du rôle de la femme à travers les âges ou, même au présent, à travers les sociétés et les cultures. Malgré cela, les vérités de laboratoire ont toujours du mal à s’étendre au grand jour ; en 2020, en observant le monde de la « vulgate » (médias, réseaux sociaux, etc…), on en vient, quelquefois, à se demander si certaines relectures caricaturales, relayées complaisamment par certaines formes de féminisme très actuelles (et qui n’ont plus grand chose de commun avec celui d’une Régine Pernoud), ne finissent pas par engendrer, à la longue, des formes de victimisation systématiques qui ne servent, en rien, la vérité des faits.
Bien entendu, il ne s’agit pas de nier certaines réalités mais en revisitant constamment à la baisse le statut des femmes à travers l’histoire et le monde et en minimisant constamment les rôles véritables qu’elles ont joués par le passé ou même les grandes avancées à certains moments de l’Histoire, on finit par faire la promotion d’une sorte de réinitialisation permanente des compteurs qui ne fait qu’à alimenter de nouvelles formes d’ignorance et ne contribue certainement pas à faire avancer les débats.
En vous souhaitant une très belle journée.
Frédéric EFFE Pour moyenagepassion.com A la découverte du Moyen Âge sous toutes ses formes.
Pour poursuivre sur le sujet de la femme dans le monde médiéval, nous vous conseillons également de consulter les travaux de l’historienne médiéviste Julie Pilorget . En 2016, France culture lui consacrait un podcast à découvrir ici : la femme en milieu urbain au Moyen Âge tardif .